Stephen Colbert

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Stephen Colbert, né le 13 mai 1964 à Washington D.C., est un humoriste, satiriste politique, scénariste, acteur et animateur de télévision américain. Il est connu pour sa présentation de parodie de journal télévisé The Colbert Report diffusée sur la chaîne Comedy Central où il joue une caricature de certains présentateurs conservateurs comme Bill O'Reilly ou Sean Hannity.
Colbert est à l'origine un acteur formé à l'université Northwestern de Chicago mais il se passionne pour l'improvisation théâtrale, domaine dans lequel il rencontre par exemple Steve Carell, Paul Dinello et Amy Sedaris. Avec Dinello et Sedaris, il écrit et joue dans l'éphémère Dana Carvey Show, avant que tous les trois ne trouvent le succès avec la série devenue culte Strangers with Candy sur Comedy Central. Son rôle de faux-correspondant dans le Daily Show présenté par Jon Stewart le fait connaître auprès du grand public et en 2005, il créé une série dérivée, The Colbert Report. Dès ses débuts, l'émission est l'une des plus regardées de la chaîne et a valu à Colbert un Emmy Awards, ainsi qu'une invitation à animer le gala annuel des correspondants de la Maison Blanche en 2006 en présence de George W. Bush.
Sous les traits de son personnage, « un crétin arrogant bien-intentionné mais mal-informé », il parodie les émissions politiquement orientées à droite comme The O'Reilly Factor ou Hannity de la chaîne conservatrice Fox News. Il critique également régulièrement les politiciens démocrates et républicains et il s'est présenté aux primaires de Caroline du Sud pour les élections présidentielles de 2008 et de 2012. En 2006 et 2012, Colbert est nommé l'une des cent personnes les plus influentes au monde par le magazine Time. Il a publié plusieurs livres et le premier, I Am America (And So Can You!) a été numéro un de la liste des best-sellers du New York Times en 2007.
Stephen Colbert est né à Washington, D.C. en 1964 et a grandi à Charleston (Caroline du Sud). Il est le benjamin d'une famille catholique d'origine irlandaise (ses ancêtres ont émigré aux États-Unis pour fuir la Grande famine du XIXe siècle,) de 11 enfants,,.
Son père, le docteur James William Colbert Jr., est vice-président chargé des affaires académiques de l'université de médecine de Caroline du Sud (Medical University of South Carolina) et sa mère, Lorna Colbert, femme au foyer. Dans les interviews, Colbert décrit ses parents comme dévots, accordant une très grande importance aux valeurs intellectuelles : ils enseignaient à leurs enfants qu'il était possible de remettre en question les principes de l'Église tout en restant catholique. Le zèle de la famille en faveur de l'intellectualisme et son observation des stéréotypes négatifs sur les Américains du Sud conduisent rapidement Stephen Colbert à s'efforcer à perdre son accent du Sud. Enfant, il remarque que les gens du Sud sont souvent décrits par la télévision comme des personnes moins intelligentes que les autres ; pour éviter d'être victime de ce stéréotype, il apprend très tôt par lui-même à imiter le langage des animateurs de débats télévisés américains,.
Stephen Colbert est de descendance irlandaise ; il fait régulièrement de l'humour sur son héritage européen et répète souvent que son nom est d'origine française,. Son nom de famille est réellement d'origine germanique : « Coldberht » vient de « cold », froid et « berht », brillant), mais il peut aussi correspondre à l'ancien français « Collibert », « Collivert » ou « Colvert » (serf ou homme de basse condition)[réf. nécessaire]. Au sein de sa famille, son nom se prononce « Col-burt » (/ˈkoʊlbərt/), mais son père insiste pour qu'on le prononce « Col-bère » (/koʊlˈbɛər/), acceptant « Col-burt » seulement par respect pour son propre père. Pour cette raison, James Colbert donne la possibilité à ses enfants de choisir la prononciation qu'ils souhaitent. Stephen Colbert utilise alors la prononciation « Col-bère » lorsqu'il entre à l'Université Northwestern de Chicago, se donnant ainsi la possibilité de se réinventer dans un nouvel endroit où personne ne le connaissait. Son frère Ed, devenu avocat de la propriété intellectuelle, a pour sa part conservé Col-burt : lorsqu'il est invité sur le plateau du Colbert Report, Stephen lui demande « /ˈkoʊlbərt/ ou /koʊlˈbɛər/ ? » et Ed répond alors « /ˈkoʊlbərt/ », ce à quoi Stephen réplique ironiquement « Rendez-vous en enfer ! ».
Le 11 septembre 1974, alors que Stephen n'a que 10 ans, son père et deux de ses frères, Peter et Paul, meurent dans le crash du vol 212 d'Eastern Air Lines lors de sa tentative d'atterrissage à Charlotte en Caroline du Nord. Ils étaient en route pour s'inscrire à la Canterbury School de New Milford dans le Connecticut,. Par la suite, Lorna Colbert déménage avec sa famille en centre-ville, dans le quartier urbain de East Bay Street à Charleston. À l'en croire, Colbert trouva la transition difficile et ne se fit pas facilement d'amis dans son nouveau quartier. Colbert s'est par la suite décrit comme un enfant détaché, manquant de l'enthousiasme que d'autres enfants de son âge montraient vis-à-vis de certaines activités,. Il développe à cette époque une passion pour les romans de science-fiction et de fantasy, en particulier pour le monde de J.R.R. Tolkien dont il reste un grand fan. Pendant son adolescence, il se découvre un intérêt grandissant pour les jeux de rôles et notamment pour Donjons et dragons,, un passe-temps dont il dira plus tard qu'il fut une introduction à l'art de la comédie et de l'improvisation.
Colbert étudie à l'Episcopal Porter-Gaud School, où il participe à plusieurs pièces et à l'écriture du journal de l'école, mais, à l'en croire, il manquait de motivation,. Quand il était plus jeune, il espérait étudier la biologie marine mais une intervention chirurgicale pour réparer une perforation sévère du tympan provoque des dommages importants à son oreille interne qui non seulement l'écarte d'une carrière qui impliquait de la plongée sous-marine mais surtout le rend sourd de l'oreille droite,.
Pendant un moment, il est hésite sur son inscription à l'université ; il se décide au dernier moment et est accepté à l'Hampden-Sydney College de Virginie où un de ses amis s'était inscrit. Là, il continue à participer à des pièces de théâtre tout en étudiant principalement la philosophie,. Malgré la pauvreté de la vie théâtrale de Hampden-Sydney, l'intérêt de Colbert pour la comédie ne cesse de s'accroître. Après deux années et une maîtrise en théâtre, il est transféré à l'université Northwestern dans l'Illinois pour étudier l'interprétation, encouragé par l'amour de la scène qui se manifestait même quand personne n'assistait aux spectacles.
À Northwestern, Colbert commence par prendre des cours d'art dramatique pour devenir acteur ; il joue la plupart du temps des pièces expérimentales et ne s'intéresse pas à la comédie. Il se tourne rapidement vers l'improvisation et intègre le groupe d'« impro » No Fun Mud Piranhas puis l'Annoyance Theater de Chicago dans le cadre des épreuves d'improvisation de l'« ImprovOlympic » fondé par le producteur Del Close. À l'époque, le projet était plus basé sur la compétition et une forme d'improvisation longue que sur le type d'improvisation utilisé dans les comédies. Colbert explique qu'« [il] n'allait pas jouer avec The Second City [l'autre troupe d'improvisation de Chicago] : les gens d'Annoyance regardaient ceux de Second City de haut, parce qu'ils trouvaient que ce qu'ils faisaient n'était pas de la « pure impro » – il y avait une sorte de qualité mystique et snob chez ceux d'Annoyance[N 1]. ».
Colbert obtient son diplôme en 1986. Un ami, employé au guichet du théâtre de Second City, lui propose d'y travailler comme standardiste et vendeur à la boutique de souvenirs. Colbert accepte et découvre que les employés du théâtre sont autorisés à assister aux cours gratuitement. Malgré ses réticences initiales pour la troupe, il s'inscrit aux classes d'improvisation. Peu de temps après, il est engagé en tant qu'acteur par la troupe en tournée de The Second City, au départ comme doublure de Steve Carell. C'est à cette occasion qu'il rencontre Amy Sedaris et Paul Dinello, acteurs avec lesquels il collabora souvent au cours de sa carrière. De par leurs parcours respectifs, les trois comédiens ne s'entendent pas bien ensemble – Dinello trouvait que Colbert était « coincé, prétentieux et froid » alors que Colbert pensait de Dinello qu'il était « un voyou analphabète » – mais les trois comparses finirent par devenir très proches pendant la tournée, découvrant qu'ils partageaient le même sens de l'humour.
Quand on offre à Sedaris et Dinello l'opportunité de créer une série télévisée pour HBO Downtown Productions, Colbert quitte The Second City et déménage à New York de façon à pouvoir travailler avec eux sur les sketches humoristiques de leur série Exit 57 qui débute en 1995 et est diffusée jusqu'en 1996 sur Comedy Central. Malgré seulement 12 épisodes, la sitcom reçoit des critiques favorables, et est nommé à cinq CableACE Awards (en) en 1995, dont les catégories de meilleur scénario, meilleure interprétation et meilleure série humoristique. À la suite de l'annulation d'Exit 57, Colbert travaille six mois comme acteur et scénariste du Dana Carvey Show dont la distribution compte des personnalités comme son camarade de Second City, Steve Carell, ainsi que Robert Smigel, Charlie Kaufman ou Louis C.K. La série, décrite par un critique comme une satire « kamikaze » et « d'un goût douteux », a vu certains sponsors se retirer après la diffusion du premier épisode et la série été annulée après sept épisodes. Colbert travaille alors un court moment comme pigiste pour Saturday Night Live avec Robert Smigel qui avait apporté son cartoon The Ambiguously Gay Duo du Dana Carvey Show à SNL où Colbert doublait la voix d'Ace et Carell celle de Gary, deux superhéros à la sexualité incertaine. Ayant besoin d'argent, il travaille également comme « scénariste consultant » pour les chaînes VH1 et MTV avant de réaliser de faux reportages pour l'émission matinale Good Morning America sur ABC. Seulement deux des segments qu'il proposa furent retenus et un seul fut diffusé mais c'est ce travail qui conduit son agent à parler de lui au producteur du Daily Show de l'époque, Madeline Smithberg, qui engage Colbert à l'essai en 1997.
À la même époque, Colbert collabore avec Sedaris et Dinello sur le projet d'une nouvelle série comique pour Comedy Central, Strangers with Candy. Lorsque la chaîne décide de la diffuser, en 1998, Colbert a déjà commencé à travailler sur le Daily Show, en conséquence de quoi, il accepte un rôle moins important que ce qui était prévu sur les deux séries.
Strangers with Candy est construit comme une parodie des programmes d'« après l'école » destinés aux adolescents et relate la vie quotidienne de Jerri Blank, une marginale de 46 ans qui retourne au lycée après 32 ans de vie dans la rue. Remarquée par les critiques pour son humour décapant, chaque épisode se termine par une fausse morale politiquement incorrecte. Colbert fait office de scénariste principal avec Sedaris et Dinello et interprète également le professeur d'histoire de Jerri, Chuck Noblet, qui dispense des informations incorrectes à sa classe tout au long de la série. Colbert explique que ce rôle l'a aidé à construire ses personnages dans The Daily Show et plus tard dans The Colbert Report, affirmant qu'il y avait là un créneau dans la représentation de « personnages idiots, mal-informés et cependant prestigieux ». L'autre running joke de la série est le fait que Noblet est un homosexuel non-déclaré qui a une liaison « secrète » avec son collègue Geoffrey Jellineck malgré le fait que tout leur entourage soit au courant. Cela sous-tend également les personnages de Colbert dans ses travaux suivants.
Trente épisodes de Strangers with Candy sont diffusés de 1999 à 2000. Bien que l'audience ne soit pas exceptionnelle, la série est considérée comme une série culte avec un public limité mais très impliqué. Colbert a repris son rôle pour l'adaptation cinématographique de la série en 2006, présentée en avant-première au festival du film de Sundance.
Stephen Colbert rejoint la distribution du The Daily Show en 1997, un programme parodiant les journaux télévisés, alors qu'il était dans sa deuxième saison. À l'origine, il est l'un des quatre correspondant dont l'intervention est filmée hors du studio, rappelant les envoyés spéciaux. Il est uniquement connu sous le nom du « nouveau » pendant les deux premières années où il travaille sur la série sur la série alors présentée par Craig Kilborn. Lorsque ce dernier quitte le Daily Show en 1999, il est remplacé par Jon Stewart, qui participe également au scénario et co-produit le programme. À partir de cette période, l'émission voit son contenu devenir de plus en plus politique et sa popularité s'accroître. Les rôles des correspondants sont alors étendus pour inclure des segments de fausses interviews en studio ainsi que des reportages « internationaux » presque tous filmés en incrustation.
Alors que Stewart présente le Daily Show dans son propre rôle, Colbert développe un « personnage » homonyme pour ses interventions dans l'émission. Il décrit son personnage comme « un imbécile qui passe une grande partie de sa vie à éviter de paraître idiot – un de ces hommes qui est capable de le masquer suffisamment bien pour parler de son sujet[N 2], ». Ainsi, il est fréquemment opposé à ses invités ou à Stewart sur divers sujets et leurs dialogues démontrent toujours un manque de connaissance évident de la part de Colbert, quel que soit le sujet abordé,. Colbert utilise également de l'humour à la logique fallacieuse, notamment en donnant son avis sur n'importe quel thème, que celui-ci le concerne ou non. Son personnage était tellement influent que les nouveaux correspondants du Daily Show comme Ed Helms ou Aasif Mandvi commencèrent par imiter son style avant de développer le leur.
Colbert apparaît dans plusieurs segments récurrents du programme, comme Even Stevphen en compagnie de Steve Carell où les deux personnages sont censés débattre d'un sujet en particulier mais vont plutôt déchaîner leur colère l'un pour l'autre. Colbert anime également This Week in God, un rapport sur les informations relatives à la religion. Il est également envoyé spécial pour couvrir les conventions démocrate et républicaine pendant les élections présidentielles américaines de 2000 et 2004 ; ces segments étaient appelés Indecision pour parodier les séries spéciales souvent intitulées Decision des chaînes d'information en continu. Dans plusieurs épisodes, Colbert a également remplacé Jon Stewart comme lors de la semaine du 3 mars 2002 où Stewart devait présenter Saturday Night Live. Lorsque Colbert quitte la série pour The Colbert Report, Rob Corddry le remplace pour les segments This Week in God. Par la suite, des enregistrements des segments de Colbert ont été réutilisés et diffusés au cours du Daily Show sous le label « Klassic Kolbert ».
Depuis le 17 octobre 2005, Colbert anime son propre programme, The Colbert Report (avec une prononciation française de « Report », c'est-à-dire avec le « t » muet) une série dérivée du Daily Show, qui parodie les conventions des journaux télévisés américains et notamment les talk-shows politiques comme The O'Reilly Factor ou Glenn Beck,. Colbert présente l'émission par son personnage, Stephen Colbert, un ponte de la droite américaine conservatrice, une extension de son personnage dans le Daily Show. Créée et écrite par Stewart, Colbert et Ben Karlin, le Colbert Report explore la question de l'« information personne-dépendante » et se concentre moins sur l'information au jour le jour comme le Daily Show, mais plutôt sur les travers et les opinions caricaturales du personnage lui-même.
Le concept du Colbert Report trouve son origine dans les segments récurrents de Colbert du Daily Show qui étaient annoncés comme une série à part entière. Développé par la société de production de Stewart, Busboy Productions et proposée à Comedy Central, elle est diffusée pour la première fois en octobre 2005, la chaîne cherchant alors un moyen d'étendre la popularité du Daily Show. Le Colbert Report fait rapidement de bons scores d'audience, avec une moyenne de 1,2 millions de téléspectateurs la première semaine. Comedy Central signe alors un contrat à long-terme pour l'émission, alors qu'elle devient presque immédiatement le programme le plus regardé de la chaîne,.
L'émission propose plusieurs segments récurrents sur des thèmes, en plus de la politique (Better Know a District, Indecision, Democralypse Now!, etc.), tels que la médecine (Cheating Death with Dr. Stephen T. Colbert, D.F.A.), la religion (Yahweh or No Way), le cinéma (Movies That Are Destroying America), la justice (Nailed 'Em), le sport (Stephen Colbert's Sport Report), l'éducation (Stephen Colbert's Balls for Kidz), la science (Stephen Hawking is Such an A-Hole), ou des thèmes plus ou moins absurdes, comme ThreatDown (les plus grandes menaces contre l'Amérique, à commencer par les ours et les robots), Who's Honoring Me Now? (les distinctions concernant Colbert), The Craziest F#?king Thing I've Ever Heard ou The DaColbert Code (les informations « bizarres » ou mystérieuses), The Enemy Within (les aliens sont parmi nous), Tip of the Hat, Wag of the Finger (les news people), etc. The Word est un segment apparu dès le premier épisode, proposant une série de mots résumant grossièrement et de façon caricaturale le propos de Colbert. En 2009, une série spéciale intitulée Operation Iraqi Stephen: Going Commando (Going Commando est un jeu de mot, pouvant signifier à la fois « devenir membre de commando », mais aussi un terme d'argot désignant les personnes qui sortent sans mettre de sous-vêtements), est diffusée depuis l'Irak, aux côtés des forces armées américaines en opération. Colbert, après avoir revêtu un costume-uniforme, se fait raser la tête en direct par le général Ray Odierno, sur ordre direct de Barack Obama, et participe à un entraînement militaire de base.
The Colbert Report a un impact culturel important aux États-Unis. En plus des nombreux témoignages de popularité de l'émission, elle est aussi connue pour développer des néologismes, à commencer par « truthiness », pour son intérêt ambivalent envers Wikipédia (le « site préféré » de Colbert, qui invente dès 2006 le mot « Wikiality » défini comme le fait de « créer ensemble une réalité à laquelle nous pouvons tous adhérer », affirmant ironiquement que tout ce qui est dit sur Wikipédia est vrai), et pour les nombreux évènements extérieurs auxquels Colbert a assisté sous les traits de son personnage (gala des correspondants de la Maison Blanche, rallye pour restaurer la peur, présentation des Emmys, écriture et promotion de ses livres, interviews dans les talk shows américains comme Late Night with Conan O'Brien ou The O'Reilly Factor, etc.)
Dans le reste de l'article, attention à ne pas confondre les deux « Stephen Cobert » mentionnés : l'acteur et sujet de cet article et le personnage homonyme qu'il interprète.
Le 29 avril 2006, Stephen Colbert est invité à prononcer un discours au gala annuel de la White House Correspondents' Association. Tradition perpétuée depuis 1924, les présidents successifs sont appelés à présenter un sketch d'autodérision à la fin du dîner, suivis ou précédés par un comique ou un animateur de télévision. Ainsi, debout à quelques mètres du président en exercice George W. Bush – et face à un public composé des plus importants représentants de la presse et du pouvoir à Washington (hauts juges, diplomates, chefs d'état-major, ministres, etc.), ainsi que certains membres de Hollywood –, Colbert prononce son discours d'une vingtaine de minutes en ciblant principalement le président et les médias. Sous les traits de son personnage conservateur du Colbert Report, il satirise et tourne en ridicule l'administration Bush et les journalistes accrédités de la Maison Blanche (White House press corps),.
« [À propos de George W. Bush] Donc ne prêtez pas attention aux sondages d'opinion qui disent que 68 % des Américains désapprouvent ce que fait cet homme. Je vous le demande, cela ne veut-il pas aussi dire, logiquement, que 68 % approuvent ce qu'il ne fait pas ? Pensez-y, parce que moi je n'y pense pas. […] Je soutiens cet homme. Je soutiens cet homme parce qu'il soutient… non seulement des choses, mais il se tient SUR des choses. Des choses comme des porte-avions, des ruines et des places de villes récemment inondées. Et cela envoie un message fort : quoi qu'il se passe en Amérique, l'Amérique reprend toujours le dessus – avec les mises en scènes médiatiques les plus élaborées du monde. […] La plus grande qualité de cet homme c'est qu'il est constant. Vous savez où il se situe. Il croit à la même chose le mercredi que le lundi, peu importe ce qu'il s'est passé le mardi. Les événements changent, lui non[N 3],,,. »
Colbert reçoit un accueil frileux de la part des 2 600 personnes de l'audience, ; ses blagues sont souvent accueillies par des silences et des murmures à l'exception d'une petite partie du public qui rigole avec enthousiasme. Les principaux médias n'y prêtent d'abord que peu d'attention ; un journaliste du Washington Post, ainsi qu'un professeur de journalisme à l'université Columbia expliquent que c'est parce que le discours de Colbert était aussi critique envers les médias qu'il ne l'était envers Bush,. Certains journalistes, comme Richard Cohen, également du Washington Post, écrivent simplement que le discours n'était pas drôle.
« [À propos de la presse] Aussi excité que je suis d'être ici avec le Président, je suis consterné de me voir entouré par les médias qui détruisent l'Amérique… à l'exception de Fox News. Fox News vous donne les deux versions de chaque histoire : celle du président et celle du vice-président. […] Durant ces cinq dernières années, vous avez été excellents – à propos des baisses d'impôts [Bush tax cuts], des armes de destruction massive, des effets du réchauffement climatique. Nous, Américains, ne voulions pas savoir et vous avez eu la courtoisie de ne pas essayer de fouiller. C'était le bon temps, pour ce que nous en savions. Mais revoyons les règles ensemble. Voilà comment cela marche : le Président prend des décisions. Il est le décideur. Son porte-parole annonce ces décisions et vous, gens de la presse, vous notez ces décisions. Prendre, annoncer, noter. […] Vous n'êtes jamais contents. Tout le monde réclame un changement du personnel. Donc la Maison Blanche fait un changement de personnel. Et vous, vous écrivez « Oh, ils réarrangent juste les chaises sur le pont du Titanic ». Tout d'abord, c'est une métaphore horrible. Cette administration ne coule pas. Cette administration est en pleine ascension. Au pire, ils réarrangent les chaises sur le pont du Hindenburg[N 4],,. »
Cependant, la vidéo de la prestation de Colbert devient rapidement virale sur Internet et la presse relaye alors les médias en ligne,. Une semaine après le gala, l'audience du Colbert Report augmente de 37 % pour atteindre plus de 1,5 millions de téléspectateurs par épisode. Le Time qualifie le discours de « référence politico-culturelle de 2006 » ; sur Slate, un journaliste – s'adressant aux détracteurs de Colbert dans les médias et dans l'administration – écrit : « Que pensaient-ils avoir, Mark Russell [un autre satiriste, moins violent] ? Vous engagez un bon satiriste politique, vous obtenez une bonne satire politique, ce qui est forcément dangereux[N 5], ». Six mois plus tard, le New York Times ajoute que ce discours est devenu une « première culturelle » et un « moment décisif » des élections législatives de mi-mandat de 2006,.
« Jesse Jackson est là. Ça fait un bout de temps que je n'ai pas entendu le Révérend. Je l'ai eu dans mon émission. Un entretien très intéressant et difficile. Vous pouvez lui demander n'importe quoi, il répond toujours ce qu'il veut, à l'allure qu'il veut. C'est comme boxer un glacier. Appréciez la métaphore au fait, parce que vos petits-enfants n'auront aucune idée de ce qu'est un glacier[N 6],,. »
Sous les traits de son personnage, Colbert annonce sa candidature à l'élection présidentielle américaine de 2008 le 16 octobre 2007 sur le plateau du Colbert Report. Il explique alors qu'il a l'intention de participer aux primaires à la fois républicaine et démocrate de son État de naissance, la Caroline du Sud. Il abandonne rapidement l'idée de participer à la primaire républicaine, étant donné des frais d'inscription élevés (35 000 $), mais commence sa campagne démocrate le 28 octobre 2007 à la capitale Columbia, où il est introduit par le maire Bob Coble qui lui remet les clés de la ville.
Il encourage son public et ses potentiels électeurs à faire des dons à DonorsChoose.org, un site de charité permettant de financer des écoles, campagne qui rapporte plus de 68 000 $ aux écoles publiques de Caroline du Sud. Pour préparer la primaire, Colbert crée « un sondage qui fait la différence », où les gens, alors qu'ils choisissent leur candidat, peuvent faire des dons aux écoles de Pennsylvanie, projet qui réunit encore 185 000 $.
Le 1er novembre 2007, le conseil exécutif du parti démocrate de Caroline du Sud refuse à 13 voix contre 3 la candidature de Colbert, déclarant que « l'impression générale du conseil était que [Colbert] n'était pas un candidat sérieux et c'est pourquoi il n'a pas été sélectionné pour le vote[N 7] ». Colbert annonce qu'il abandonne la course, disant qu'il ne voulait pas faire subir au pays une interminable bataille à la Cour suprême. CNN rapporte plus tard que les soutiens de Barack Obama (candidat de l'Illinois) ont fait pression sur le parti de Caroline du Sud pour qu'il empêche Colbert de participer au vote. Un membre anonyme du conseil dit à CNN que l'ancienne directrice du département de l'éducation de Caroline du Sud, Inez Tenenbaum, a également fait pression sur le conseil pour qu'il refuse la candidature de Colbert malgré son augmentation constante d'opinions favorables dans les sondages.
Alors que la « vraie » campagne présidentielle de Colbert prend fin, l'éditeur en chef de Marvel Comics, Joe Quesada annonce dans une interview sur The Colbert Report que la campagne de son homonyme battait son plein dans l'univers Marvel, citant la couverture du dernier épisode de The Amazing Spider-Man, qui représente une affiche de campagne pour Colbert. Des références à la campagne de l'humoriste ont continué d'apparaître dans les publications de Marvel Comics jusqu'en 2008, alors qu'en octobre de cette même année, Colbert fait une apparence de huit pages en débattant avec Spider-Man sur Internet dans le numéro 573 de The Amazing Spider-Man.
Le 24 septembre 2010, Colbert témoigne par l'intermédiaire de son personnage devant le sous-comité sur l'immigration, la citoyenneté et la sécurité des frontières du Congrès (House Judiciary Subcommittee on Immigration, Citizenship, and Border Security). Il y est invité par la présidente du comité, Zoe Lofgren pour décrire son expérience de participation au programme « Take Our Jobs » de l'United Farm Workers, où il a passé une journée à travailler côte-à-côte avec des travailleurs immigrés dans une ferme du nord-ouest de l'État de New York,,. Il y explique par exemple que, pour lutter contre l'immigration illégale et les immigrés qui « volent le travail des Américains » dans les fermes, « la réponse évidente est de ne plus manger de fruits et de légumes[N 8] »,.
À la fin de son témoignage – en grande partie humoristique –, Colbert sort de son personnage pour répondre à une question de la représentante Judy Chu (D-CA), expliquant son intention lorsqu'il a accepté de témoigner et sa façon de le faire :
« J'aime parler des gens qui n'ont aucun pouvoir et il me semble que parmi ceux qui ont le moins de pouvoir aux États-Unis figurent ceux qui viennent faire notre travail mais qui n'ont aucun de nos droits. Et pourtant nous continuons de les inviter à venir tout en leur demandant de partir. C'est une contradiction intéressante à mon avis. Et vous savez, on dit « ce que vous faites au plus petit d'entre les miens… [Matthieu XXV,40] », mais ces gens semblent bien être les plus petits d'entre nous… Les travailleurs immigrés souffrent et n'ont aucun droits[N 9], »
Un autre membre du comité, John Conyers (D-MI) lui demande s'il trouve approprié d'apparaître devant le Congrès en tant que comédien et lui demande de quitter la salle. Alors que Colbert dit qu'il partira si la présidente le lui demande, celle-ci lui demande de rester, au moins jusqu'à ce que tous les témoignages aient été entendus, à la suite de quoi Conyers retire sa requête.
En septembre 2010, suivant l'exemple du Restoring Honor rally (« rallye pour restaurer l'honneur ») du commentateur conservateur de Fox News, Glenn Beck, Stephen Colbert et Jon Stewart décident de lancer leur propre rassemblement, lui aussi sur le National Mall. Le 16 septembre, dans les deux épisodes du Daily Show et du Colbert Report, Stewart et Colbert annoncent deux rallyes compétitifs prévus pour le 30 octobre 2010 ; Stewart, sur sa page Facebook, lance un appel à « toutes celles et ceux qui considèrent que crier est agaçant, contreproductif et très mauvais pour la gorge; qui pensent que les voix qui portent le plus ne doivent pas être les seules entendues et qui sont convaincus que le seul cas où on peut légitimement dessiner la moustache d’Hitler sur le visage de quelqu’un est quand cette personne n'est autre qu'Hitler [référence aux rassemblements démocrates associant Bush à Hitler] ».
Le rallye de Stewart s'intitule Rally to Restore Sanity (« rallye pour restaurer le bon sens ») et celui de Colbert Rally to Restore Fear (« rallye pour restaurer la peur ») et ils sont fusionnés pour former le Rally to Restore Sanity and/or Fear (« rallye pour restaurer le bon sens et/ou la peur »), chacun des deux animateurs affrontant l'autre dans un pseudo-débat politique, Stewart dans son propre rôle d'« humoriste à tendance démocrate » et Colbert dans le rôle de Stephen Colbert, « imbécile républicain arrogant et bien-intentionné ».
L'événement rassemble environ 215 000 personnes (satiriquement, Stewart annonce que 10 millions de personnes étaient présentes, et Colbert renchérit en donnant le chiffre de 6 milliards). Il est retransmis en direct sur Comedy Central et suivi par plus de deux millions de téléspectateurs, sans compter 570 000 visionnages en streaming sur Internet.
Le parti démocrate s'est montré très réservé vis-à-vis du rallye, qui s'est déroulé juste avant les élections législatives de mi-mandat début novembre (où les Républicains ont remporté une large victoire). Affirmant que c'était une initiative inutile, les Démocrates, par l'intermédiaire de leur stratège Steve Rosenthal « Certains de celles et de ceux qui iront à ce rassemblement ne pourront pas aller convaincre les électeurs de voter [ce qu’ils auraient fait en l’absence de cet événement], et en ce sens, il ne nous aide pas ».
En mai 2011, Colbert fait une requête auprès de la commission électorale fédérale (Federal Election Commission, FEC) pour la création d'un comité d'action politique (Political Action Committee, PAC), le « Colbert Super PAC »,, Super PAC qu'il a l'autorisation de promouvoir par l'intermédiaire de son émission. Un Super PAC, dont le fonctionnement est contesté, permet de lever des fonds pendant une campagne pour financer un candidat représentant les valeurs avancées par le comité en question (par exemple, « Citoyens pour la prospérité et la bonne gouvernance » ou « Coalition pour les valeurs américaines »). Cependant, il n'a pas de plafond de dons contrairement aux PAC « normaux » et sont censés être indépendants, sans qu'aucune transparence ne soit exigée par la FEC qui les accorde.
Colbert utilise alors son Super PAC, intitulé « Américains pour un lendemain meilleur, dès demain » (Americans for a Better Tomorrow, Tomorrow) pour démontrer l'absurdité du système, « de façon 100 % légale et moins de 10 % éthique ». Il prévient ses donateurs qu'il utilisera l'argent récolté non seulement pour financer des outils de campagne comme des spots publicitaires, mais aussi pour des « dépenses administratives « normales », incluant de façon non-exhaustive, des séjours dans des hôtels de luxe, des voyages en jet privé et des souvenirs achetés à Saks Fifth Avenue ou Neiman Marcus ». Il réunit ainsi près d'un million de dollars et produit des spots publicitaires complètement absurdes, comme une campagne pour soutenir « Rick Parry » au lieu de Rick Perry, une autre qualifiant Mitt Romney de « Mitt the Ripper » (« Mitt l'éventreur ») ou encore une publicité en faveur d'Herman Cain alors que celui-ci s'est retiré de la course.
Par la suite, Colbert enchaîne les annonces extravagantes dans The Colbert Report. Début janvier 2012, il annonce son intention de devenir « Président des États-Unis de Caroline du Sud » (President of the United States of South Carolina). À cause de la loi l'empêchant de devenir Président alors qu'il est à la tête d'un Super PAC, il en passe donc les rênes à Jon Stewart, en renommant au passage le comité « Complètement non-coordonné avec le Super PAC de Stephen Colbert ». La fin de la passation de pouvoir fait l'objet d'un intermède humoristique dans le Daily Show, où Colbert vient récupérer l'argent restant alors que Stewart ne veut pas le rendre et parodie le rôle de Liam Neeson dans Taken. Finalement, Colbert annonce qu'il ne se présente pas vraiment aux élections présidentielles, mais qu'il est dans une « phase d'exploration » du système électoral.
Un peu avant les élections, le Super PAC de Colbert valait environ 800 000 $. En novembre, Colbert décide de clore son Super PAC prétextant la mort de son conseilleur fictif Ham Rove (en référence à Karl Rove) et annonce qu'un groupe appelé « The Ham Rove Memorial Foundation » – dont il serait membre du conseil exécutif – a récemment reçu un don anonyme de 773 704,83 $ et expliqué que l'argent serait reversé par la fondation à quatre œuvres caritatives.
Stephen Colbert est le co-auteur d'un roman illustré Wigfield: The Can Do Town That Just May Not écrit en collaboration avec Amy Sedaris et Paul Dinello et publié en 2003 par Hyperion Books. Il raconte l'histoire d'une petite ville menacée par la destruction d'un énorme barrage et le livre présente une série d'interviews fictives des résidents de la ville. Les trois auteurs participent à l'adaptation du roman au théâtre la même année.
L'année suivante, il participe à l'écriture de America (The Book): A Citizen's Guide to Democracy Inaction (« America (Le Livre) : Un guide citoyen pour l'inaction démocratique »), sous la direction de Jon Stewart et publié sous la bannière du Daily Show. Le livre est une parodie des ouvrages pour lycéens américains et propose des guides d'études, des questions et des exercices. Il contient de nombreuses allusions humoristiques, telles que des encarts « Were You Aware? » (« Étiez-vous au courant ? ») en expliquant que le terme « Did You Know? » (« Le saviez-vous ? ») faisait l'objet d'un copyright détenu par un éditeur concurrent. Le livre se moque des ouvrages historiques, avec des questions absurdes comme « Vaut-il mieux être roi ou esclave ? Pour ou contre » et caricature la politique américaine en proposant notamment une vision américaine stéréotypée du reste du monde (Américano-centrée).
En octobre 2007, Colbert écrit son premier livre en tant qu'auteur individuel, I Am America (And So Can You!) (« Je suis l'Amérique (et vous pouvez l'être aussi !) »), publié par Grand Central Publishing sous la bannière du Colbert Report. Livre satirique, il est également disponible en livre audio et narre la vie fictive de Stephen Colbert. Le livre est numéro un de la New York Times Best Seller list pendant quatorze semaines dans la catégorie « livre relié de non-fiction ». I Am America parodie les biographies de ses concurrents de Fox News, comme celle de Bill O'Reilly, The O'Reilly Factor (2000) ou de Sean Hannity, Deliver Us from Evil (2004), lesquels Colbert dit s'être forcé à lire en tant que références. Des notes écrites en rouge dans la marge parsèment le livre, renvoyant à des réactions et remarques humoristiques dans le style de ce qui est fait dans le segment « The Wørd » du The Colbert Report. La couverture affiche un autocollant représentant un livre qui brûle et déclarant I Am America vainqueur du « Prix Stephen T. Colbert de l'excellence en littérature » (The Stephen T. Colbert Award for the Literary Excellence).
En 2012, Colbert publie deux livres. Le premier, en mai, I Am a Pole (And So Can You!) (« Je suis un mât (et vous pouvez l'être aussi !) »), raconte l'histoire d'un mât fictif qui tente de trouver sa place dans le monde, parodiant le travail des écrivains pour enfants, comme Maurice Sendak, qui dit à propos du livre dans une interview du Colbert Report, « le pire, c'est que j'ai bien aimé ». Vendu comme un faux-livre pour enfants, il contient des allusions pour adulte, comme une danseuse faisant un striptease autour d'un grand mât. Le livre est également disponible en livre numérique et en livre audio.
Le second livre, publié en octobre 2012, est intitulé America Again: Re-becoming the Greatness We Never Weren't (« L'Amérique à nouveau : Comment retrouver la grandeur que nous n'avons jamais perdu ») et est la suite de I Am America. Colbert y évoque ses opinions sur Wall Street, le financement des campagnes électorales, la politique énergétique, les repas pendant une campagne électorale et la Constitution des États-Unis. Comme à son habitude, de manière satirique, Colbert qualifie le livre de « Troisième plus important livre du siècle » (après ses deux premiers livres) dans une chronique publiée dans GQ et il écrit plus loin « Imaginez que Faulkner, Hemingway et Fitzgerald s'allient pour écrire le plus grand livre américain. Maintenant imagnez que ça n'est jamais arrivé et que Stephen Colbert l'a écrit. Parce c'est ce qui est arrivé. Je crois que c'est Tolstoï qui a dit un jour : « D'abord Stephen Colbert a écrit un livre. Puis il en a écrit un deuxième. Et maintenant un troisième ? Existe-il un nombre de livres que cet homme ne peut écrire ?[N 10] ».
Bien que, d'après ses propres mots, il n'était pas quelqu'un de très politisé avant de rejoindre la distribution du Daily Show, Colbert se décrit comme un démocrate,. Il ajoute qu'il n'a « aucun problème avec les républicains, juste avec leurs politiques ». Il est catholique pratiquant,, et vit à Montclair dans le New Jersey avec sa femme, Evelyn McGee-Colbert et leurs trois enfants.
Le personnage de Stephen Colbert est décrit comme un « imbécile qui passe une grande partie de sa vie à éviter de paraître idiot », un « commentateur républicain arrogant » et un « bully caustique de droite ». Inspiré des commentateurs (pundits) conservateurs des chaînes d'information continue américaines, il est principalement basé sur des personnalités comme Bill O'Reilly, Sean Hannity ou Glenn Beck, tous animateurs sur Fox News.
Colbert est un homme égocentrique, vaniteux, xénophobe, homophobe et fièrement anti-intellectuel, clamant être politiquement indépendant (comme son idole Bill « Papa Bear » O'Reilly) alors qu'il flatte régulièrement le parti républicain et l'administration Bush (il demande régulièrement à ses invités « George W. Bush : un grand Président ou le plus grand Président ? »). D'après son créateur et interprète, il est bien-intentionné mais n'a pas les outils pour arriver à faire ce qui lui semble juste « parce qu'il n'a aucune curiosité, il n'aime pas lire et il n'écoute personne à l'exception des voix dans sa tête[N 12] ». Il ramène tout à sa personne, puisqu'« il n'y a rien de trop grand pour lui… en fait, chaque information le concerne » et ce trait de caractère l'amène à attaquer directement ou à se disputer avec des personnalités comme The Decemberists, Sean Penn, Conan O'Brien, Rain, Barry Manilow, Tony Bennett ou Don Rickles, rappelant les culture wars (en) de O'Reilly.
Convaincu qu'aucun pays n'arrive à la cheville des États-Unis, il fait preuve d'un américanisme exacerbé. Il rejette violemment tout ce qui n'est pas Américain et américanise les rares choses ou personnes étrangères qu'il trouve à la hauteur, comme Hugh Laurie, interprète du Dr Gregory House dans la série éponyme, qu'il qualifie de « meilleur acteur américain », ignorant le fait qu'il soit britannique et qu'il ait prit un accent américain pour son rôle.
Au centre de la personnalité du personnage se trouve une certitude que ce qu'il dit est vrai et que personne d'autre ne peut être aussi vrai que lui, quelles que soient les preuves du contraire. Dans le premier épisode du The Colbert Report, il prononce le mot « truthiness » alors qu'il explique la différence entre « ceux qui pensent avec leur tête et ceux qui savent avec leur cœur ». Il pense que si une majorité des gens veulent que quelque chose soit vraie, cette chose doit donc devenir la vérité. Ainsi, après des mois à se moquer du phénomène de réchauffement climatique, Colbert change soudainement d'avis, expliquant que son existence fait suite au succès de Une vérité qui dérange (An Inconvenient Truth, 2006), un signe que « le libre marché a parlé ».
L'American Dialect Society définit le terme ainsi : « truthiness se réfère à la qualité de déclarer vrais les concepts ou faits qu'une personne désire ou croit être vrais, plutôt que les concepts ou faits que l'on sait de facto être vrais[N 13] », après une déclaration de Colbert, expliquant qu'il ne croit pas aux livres, puisqu'ils ne sont que des faits, écrits sans cœur.
Colbert se décrit lui-même « racially color-blind » (« racialement aveugle »), soi-disant incapable d'identifier la race d'une personne : « les gens me disent que je suis Blanc et je les crois, parce que je possède beaucoup d'albums de Jimmy Buffett ». Cette cécité est devenue un gag récurrent de l'émission, alors qu'il explique dans son premier livre « quand je dis que je ne vois pas la race, je veux dire, je ne vois pas les Noirs. Mais je peux repérer un Mexicain de loin ». Malgré ses affirmations, il se vante souvent d'avoir des amis issus des minorités, dont « son ami juif » Jon Stewart. De la même façon et avec le même argumentaire, il affirme qu'il ne voit pas le sexe des gens, malgré un comportement souvent sexiste, par exemple en ne demandant l'avis que des hommes du public sur les questions relatives aux femmes.
Colbert (l'acteur) ajoute à la biographie fictive de son personnage de nombreux éléments de sa propre vie, comme son nom (dont il a choisi une prononciation française pour « rejoindre les élites culturelles »), le fait qu'il vienne d'une famille catholique de onze enfants de Caroline du Sud, son intérêt pour la science-fiction et la fantasy et notamment Donjons et Dragons ou Le Seigneur des anneaux. Le monde de J. R. R. Tolkien est régulièrement mentionné dans l'émission : une photo de Viggo Mortensen (l'acteur qui joue Aragorn dans les films) trône sur une étagère du plateau ; Peter Jackson, réalisateur des films, lui remet l'épée Dard ; il est « anobli » avec l'épée Narsil par la reine Noor de Jordanie ; The Colbert Report propose une série spéciale pour la sortie au cinéma du premier film de la nouvelle série Le Hobbit (The Hobbit), également réalisée par Jackson, où Colbert doit faire une apparition dans le second ou troisième film ; etc.
Son passé étant très lié au Daily Show et à son présentateur Jon Stewart, Colbert (le personnage) envoie souvent des piques à l'un comme à l'autre. Il insinue une relation tendue et forcée avec le comédien-animateur – ce qui contraste avec l'admiration de l'interprète pour Stewart – qu'il décrit comme un prédateur sexuel. Il suggère que son départ du Daily Show s'est fait dans des circonstances suspectes, mais affirme cependant qu'il a réussi à obtenir sa propre émission après avoir fait chanter Stewart grâce à des photographies compromettantes.
Étant donné sa popularité, un certain nombre d'événements, d'objets, de lieux ou même d'animaux ont été nommés ou renommés en son honneur.
En mars 2006, un aigle orphelin du zoo de San Francisco est appelé « Stephen Jr. » ; en septembre 2006, la mascotte d'une équipe de hockey canadienne, le Spirit de Saginaw, est renommée « Steagle Colbeagle the Eagle » ; en février 2007, un nouveau parfum de glace Ben & Jerry's, uniquement disponible aux États-Unis, est appelé « Stephen Colbert's AmeriCone Dream » ; en mars 2007, il donne son nom à une tortue : « Stephanie Colburtle the Leatherback Turtle » ; en août 2007, Virgin America renomme un avion « Air Colbert » ; en juin 2008, une nouvelle espèce de mygale est appelée « Aptostichus stephencolberti » ; en février 2009, le laboratoire marin de l'université de Californie à Santa Cruz renomme un éléphant de mer « Stelephant Colbert the Elephant Seal » ; et en août 2009, un tapis roulant d'entraînement de la NASA, officiellement intitulé « Combined Operational Load-Bearing External Resistance Treadmill » ou C.O.L.B.E.R.T., est envoyé sur la Station spatiale internationale (ISS) par la navette Discovery lors de la mission STS-128.
Colbert, ainsi que les autres scénaristes du Daily Show, ont remporté trois Emmy Awards du meilleur scénario pour un programme de variété en 2004, 2005 et 2006. En 2006 et 2007, il est également nommé dans la même catégorie du meilleur scénario pour The Colbert Report, qu'il remporte finalement en 2008, battant ainsi The Daily Show. En 2006, 2007 et 2008, Colbert est aussi nommé dans les catégories du meilleur programme de variété et de la meilleure prestation individuelle dans un programme de variété, puis seulement meilleur scénario et meilleur programme en 2009, 2010, 2011 et 2012, remportant une autre fois celui du meilleur scénario en 2010. En 2012, Colbert et Stewart sont nommés au Daytime Emmy Award du meilleur programme spécial pour leur Rally to Restore Sanity and/or Fear, ainsi qu'à celui du meilleur scénario.
Pour The Colbert Report, il reçoit trois nominations aux Television Critics Association Awards, remporte six Producers Guild of America Awards, trois Writers Guild of America Awards sur six et un Satellite Award sur cinq nominations.
Sa prestation au gala des correspondants en avril 2006 lui vaut le « Gutsiest Move » décerné au cours des Spike TV Guys' Choice Awards. Toujours en 2006, les associations littéraires American Dialect Society et Merriam-Webster citent le néologisme « truthiness » (signifiant « la vérité que l'on sait intuitivement vraie ») inventé par Colbert dans le segment « The Wørd » de l'épisode pilote du Colbert Report, comme le « mot de l'année »,.
Stephen Colbert reçoit le 2 avril 2008 un premier Peabody Award pour son émission, répondant à cet honneur par « j'accepte fièrement cette distinction et pardonne à contre-cœur le comité Peabody pour avoir mis trois ans à reconnaître la grandeur[N 14] », puis un second pour le lancement de son Super PAC en 2012. En 2000 et 2004, il avait déjà fait partie de l'équipe gagnante de deux Peabodys pour sa contribution aux séries spéciales du Daily Show, Indecision 2000 et Indecision 2004, une parodie de couverture médiatique des campagnes électorales présidentielles.
En 2008, il est nommé « Personne de l'année » aux Webby Awards pour l'interaction entre son personnage et ses fans disponible sur le site officiel de l'émission, « Colbert Nation », ainsi que pour sa « perception de la vérité (truthiness) sur Wikipédia ».
En janvier 2010, Colbert remporte le Grammy Award du meilleur album de comédie pour A Colbert Christmas: The Greatest Gift of All!.
La même année, Colbert est nommé au Time 100 des cent personnalités les plus influentes du Time et le sera à nouveau en 2012,. Toujours en mai 2006, le magazine New York le cite, avec Stewart, comme l'une des douze personnalités médiatiques les plus influentes du pays. Il est aussi nommé « Personne de l'année » par le Festival de comédie d'Aspen (Colorado) en 2007 et remporte le Speaker of the Year Award décerné par la Cross Examination Debate Association (CEDA) pour son « attachement à exposer les défauts rhétoriques des discours politiques contemporains ».
En septembre 2006, il est nommé 2e animateur de télévision le plus sexy de Maxim Online, après la Française Mélissa Theuriau, tout en étant le seul homme de la liste. En novembre, il est qualifié de « sexy surprise » au concours de l'homme le plus sexy de la planète (Sexiest Man Alive) du magazine People, prouvant que « des hommes possédant esprit et humour ont aussi du sex appeal ». Le mois suivant, il est nommé parmi les « Hommes de l'année » de GQ et en 2007, l'Associated Press le nomme « Célébrité de l'année ».
Sa titulature « officielle » et complète est « Rev. Sir Dr. Sen. Stephen T. Mos Def Colbert, D.F.A., Heavyweight Champion of the World, Ph.D. »,.
Il rajoute lui-même occasionnellement des titres à cette titulature. Ainsi, en juin 2006, après un discours le jour de la rentrée, son personnage Stephen Colbert reçoit le titre honoraire de Doctor of Fine Arts de Knox College. Il est depuis crédité en tant que « Dr. Stephen T. Colbert, D.F.A. » au générique du Colbert Report (contrairement à la règle, il utilise à la fois le titre honorifique de Doctor et les lettres post-nominales associées, ainsi que le complément « PhD » de tous les doctorants du système universitaire anglo-saxon), titre auquel il rajoute « Sir » en avril 2009 après avoir été faussement anobli (avec une réplique de l'épée d'Elendil du Seigneur des anneaux) par la reine Noor de Jordanie pour sa participation au projet Global Zero contre les armes nucléaires. En 2012, il s'autoproclame « champion du monde poids-lourd » après que Mike Tyson a annulé sa venue sur le plateau du Colbert Report. Il ajoute aussi à son nom celui de Mos Def après avoir invité ce dernier et son partenaire des Black Star Talib Kweli, où Def annonce qu'il utilisera dorénavant le nom professionnel de Yasiin Bey et où Colbert décide de l'utiliser à sa place.
En octobre 2008, il accueille dans son émission le chancelier du Patrick Henry College et celui-ci lui remet le titre honoraire d'« Arbitre de la moralité américaine et de Défendeur de la Vast Right-Wing Conspiracy (en)[N 15] ». La même année, il prononce un discours de fin d'année à l'université de Princeton, où il reçoit le Prix de la vanité (The Great Princeton Class of 2008 Understandable Vanity Award) assorti d'un miroir, après avoir expliqué aux étudiants qu'ils ne devaient pas changer le monde, parce que « certains d'entre-nous l'aiment tel qu'il est ». Il est immortalisé en statue de cire au musée Madame Tussauds de Washington en 2012.
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