Orson Welles

Acteur et réalisateur né le 06 mai 1915 (décédé à 70 ans)

Biographie

Orson Welles, né le 6 mai 1915 à Kenosha dans le Wisconsin et mort le 10 octobre 1985 à Hollywood, Los Angeles en Californie, est un artiste américain, à la fois acteur, dessinateur, écrivain, prestidigitateur, producteur, réalisateur et scénariste. Il a été parfois crédité sous les noms de O. W. Jeeves ou G. O. Spelvin.
D'abord révélé à lui-même par le théâtre de Shakespeare, puis devenu célèbre par une émission de radio (La Guerre des mondes), Orson Welles devient une figure incontournable du cinéma dès son premier long-métrage, Citizen Kane, que l'ensemble des critiques considère comme l'un des dix films les plus importants du XXe siècle.
Par la suite, son style cinématographique mais aussi son jeu d'acteur, exercent une grande influence sur le cinéma des années 1950-1970, en particulier sur Stanley Kubrick. Artiste précoce et polymorphe, farouchement épris de son indépendance, amateur de cigares, de tauromachie et de magie, Welles ne cesse tout au long de sa carrière de revenir au théâtre et à la littérature, aux grands textes classiques (Othello, Don Quichotte) comme aux contemporains (Le Procès). Se défiant du système de production et entretenant sa propre légende d'effets à la fois spectaculaires et énigmatiques, il laisse de nombreux films inachevés.
Son père, Richard Heard Welles, est un industriel dilettante et un grand voyageur ; sa mère, Béatrice Welles née Ives, est pianiste. Le fils les décrit ainsi : « Mon père était un bon vivant de l'époque édouardienne qui aimait se dire inventeur. Il était généreux et tolérant, adoré de tous ses amis. Je lui dois une enfance privilégiée et l'amour des voyages. Ma mère était une femme d'une beauté mémorable, elle s'occupait de politique, était une championne de tir au fusil, ainsi qu'une pianiste de concert très douée. Je tiens d'elle l'amour de la musique et de l'éloquence sans lesquels aucun être humain n'est complet».
Le jeune Orson grandit dans une ambiance raffinée et cultivée avec une touche d'excentricité. Les témoignages sur sa précocité abondent : il sait lire à deux ans, apprend à jouer du piano à trois ans et met en scène du Shakespeare à sept ans : en effet, la légende, difficile à démêler de la réalité, veut qu'il ait été un enfant prodige et qu'il ait joué Le Roi Lear tout seul à l'âge de sept ans et accompli d'autres exploits avant cela. Ces « exploits » sont désormais connus : il fit à trois ans une apparition dans Samson et Dalila à l'Opéra de Chicago, puis plus tard dans Madame Butterfly.
En 1919, ses parents se séparent et Orson suit sa mère à Chicago. À dix ans, il interprète Peter Rabbit dans les locaux du centre commercial Marshall Field's à Chicago. Par la suite, le journal local lui consacre un article titré : « Dessinateur, acteur, poète ; il n'a que dix ans ». Ses aptitudes et sa passion pour le monde du spectacle ne s'arrêtent pas là : il se veut également décorateur, metteur-en-scène et surtout comédien et ce qu'il préfère avant tout c'est le transformisme et les postiches.
Côté scolarité, il entre comme interne à dix ans dans une école située à Madison (Wisconsin), où il monte une adaptation théâtrale de L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde. En 1926, il intègre la Todd School for Boys, un établissement ouvert aux pratiques artistiques situé à Woodstock (Illinois) et dirigé par Roger Hill, à qui Welles rendit hommage par la suite. En effet, durant ses quatre années passées à la Todd School, il approfondit son goût pour la tragédie et la poésie classique, mais aussi pour l’illusionnisme et la magie. Très attaché à cette école, il y retournera durant l'été 1934 pour y monter un festival de théâtre qui donnera lieu à son premier ouvrage, Everybody's Shakespeare..
Deux événements personnels viennent ternir l'enfance et l'adolescence d'Orson : il perd sa mère, âgée seulement de quarante ans, le 10 mai 1924, suivie six ans plus tard, par la mort de son père. Orphelin à quinze ans, il est pris en charge par le pédiatre Maurice Bernstein (qu'Everett Sloane incarnera plus tard dans un rôle transposé pour Citizen Kane), ami de longue date de ses parents et qui va continuer à parfaire son éducation : il avait identifié en Orson, dès son plus jeune âge, un goût hors-du-commun pour le théâtre et l'illusion, lui offrant même une lanterne magique et un théâtre de marionnettes.
En 1930, encore étudiant à la Todd School, il gagne le prix de la meilleure mise en scène estudiantine avec son Jules César, prix décerné par l'Association dramatique de Chicago. Bernstein lui propose de l'inscrire à Harward puis le présente à Boris Anisfeld du Chicago Art Institute qui se montre impressionné par ses dessins, et Welles demande un congé sabbatique pour faire un « tour d'Europe ».
Il choisit de partir durant l'été 1930 pour l'Irlande, afin d'étancher sa soif de peinture – de fait, Welles dessina toute sa vie. Il parcourt le pays avec une roulotte tractée par une mule , fait un crochet par les Îles d'Aran, se rend à Dublin et de là, à Paris où le magicien Harry Houdini l'initie à la magie et à la prestidigitation. Âgé de seize ans et sans un sou, il revient à Dublin et se présente comme « vedette de théâtre new-yorkaise » à Hilton Edwards et Micheál Mac Liammóir, directeurs du Gate Theatre : Orson se montre très convaincant, car il s'est habilement grimé, et sa voix chaude et grave le fait passer pour plus âgé qu'il n'est. Grâce à cette mystification, il est enrôlé et demeure à Dublin, où il approfondit son expérience de la scène : « Je commençai en jouant les premiers rôles en vedette. Les petits rôles vinrent plus tard. ». Le Gate, où débuta également James Mason, révéla Welles à son « démon du théâtre » et il interpréta brillamment les rôles titres tout d'abord dans une adaptation du Juif Süss mais surtout dans Hamlet, Richard III, King John, Timon d'Athènes, soit une vingtaine de pièces, rencontrant pour la première fois un vrai public. Par intermittence, il est également régisseur son et lumières pour l'Abbey Theatre, le concurrent plus conservateur du Gate.
Ambitieux, Welles décide de partir à la conquête des théâtres londoniens mais son permis de travail lui est refusé et il retourne à Dublin. Entre deux saisons théâtrales, il effectue un séjour à Séville et se fait passer pour un auteur de romans policiers. Il déclara à ce propos : « J'habitais dans le quartier de Triana. J'écrivais des romans policiers, ce qui me prenait deux jours par semaine et me rapportait trois cents dollars. Avec cet argent, j'étais un grand seigneur à Séville ». C'est également durant cette période qu'il se prend de passion pour la corrida. Il torée à quelques reprises, mais s'estimant mauvais, il préfère renoncer à devenir toréador et reprend l'écriture. Il a alors dix-sept ans et mesure 1 m 80. Il cultivera toute sa vie une passion pour la tauromachie au point qu'il a fait répandre ses cendres dans la finca de son ami Antonio Ordóñez et que l'Espagne a été souvent le décor favori de plusieurs de ses films. Cependant il n'a jamais réussi, au cours de sa carrière, à trouver le financement pour son film Monstres sacrés dont le sujet est celui d'un cinéaste (lui-même) qui suit les toreros de ville en ville. De son Afición, seul subsistent quelques émission pour la télévision : Corrida à Madrid (1955), Orson Welles and the Art of bullfighting, Around the World with Orson Welles (1961).
En 1932, il réalise un premier exercice cinématographique, un essai de dix minutes, mettant en image le Docteur Jekyll et Mister Hyde, mais d'après McBride, « il ne s'agit que d'un travail amateur et chaotique, dans lequel Welles et quelques amis dublinois, s'amusent ».
En 1934, il décide de retourner aux États-Unis.
En 1934, après cette immersion dans le théâtre, il retourne aux États-Unis, non sans amertume et quelque peu désœuvré. Le jeune homme possède alors une solide culture littéraire, ainsi qu'une bonne maîtrise des techniques de mise en scène. Pourtant les années 1933-1934 apportent nombre de changements, d'abord par la scène puis par son mariage.
Alors qu'il peine à trouver des rôles à sa mesure, que ses propres pièces comme The Marching Song sont refusées et que les États-Unis s'enfoncent dans la crise, Welles produit, toujours grâce à Roger Hill, une série d'ouvrages éducatifs illustrés intitulée Everybody's Shakespeare, qui lui permet de visiter l'Afrique du Nord et de là, de ramener des centaines de dessins. Entre temps, il rencontre Thornton Wilder qui lui ouvre les portes de spectacles produits off-Broadway : c'est ainsi qu'il commence à jouer dans la troupe de Katharine Cornell, et c'est durant son interprétation dans Roméo et Juliette qu'il fut remarqué par John Houseman.
La chance lui sourit également quand Roger Hill, directeur de la Todd School, le contacte pour lui demander d'organiser un festival théâtral (Sumer Festival of Drama) durant l'été. Il réussit à inviter Mac Liammóir et Edwards, les directeurs du Gate. Au cours des répétitions, il rencontre une jeune actrice en devenir, Virginia Nicholson (1916-1996), qu'il épouse quatre mois plus tard — en mars 1938, le couple aura une fille prénommée Chris mais divorcera en 1939. Virginia se remariera avec le scénariste Charles Lederer l'année suivante.
Dans l’intervalle, Welles tourne son premier film, The Hearts of Age qui est un court-métrage muet d'une durée de huit minutes et par lequel, selon ses termes, il « raille l'univers poétique et fantasmagorique de Jean Cocteau ». Welles y interprète le rôle d'un homme en chapeau et grimé, tentant de descendre d'un bateau puis jouant du piano, tandis qu'une femme âgée le menace. Le montage « vigoureux et débridé », les angles et la lumière, révèlent un style très marqué par le cinéma expressionniste et l'esprit surréaliste. Virginia y campe la vieille dame et l'agent de police, son camarade de théâtre William Vance interprète un indien, le tout ponctué de plans de cloches d'église et de croix. Une séquence montre la main de Welles en train de dessiner. Restauré et conservé à la Bibliothèque du Congrès, ce premier opus ne détourne pas vraiment Welles de sa passion pour le théâtre.
Suite à ses performances avec Cornell, le producteur et directeur de théâtre John Houseman lui offre de travailler avec lui, dans le cadre du Federal Theatre Project, un programme culturel issu du New Deal et opérationnel en septembre 1935. En avril 1936, Il fit sensation en montant sur les planches d'un théâtre d’Harlem une adaptation très originale du Macbeth de Shakespeare, transposant sur scène la vieille Écosse, brumeuse et froide, en une ambiance caraïbe inspirée de l'histoire moderne d'Haïti, le tout interprété par des acteurs noirs. L'histoire se déroulait à l'époque du roi Henri Ier, et les sorcières devinrent des prêtresse vaudou. Il monta également le Faust de Marlowe dans une ambiance tamisée et mortifère. Après une adaptation d'Un chapeau de paille d'Italie (Horse Eats Hat) d'Eugène Labiche qui vit apparaître Joseph Cotten par la première fois, Houseman et Welles connurent en juin 1937 un véritable succès, doublé d'un autre scandale, avec une sorte de satire de la vie politique américaine en forme d'opéra composé par Marc Blitzstein et intitulée The Craddle will rock. De nombreux opposants politiques, ainsi que des ennemis du Federal Theatre, firent pression à Washington et obtinrent que la police donne l'ordre de fermer les portes du théâtre. Houseman et Welles décidèrent alors de jouer l'opéra dans la rue, où 600 personnes s'étaient rassemblées.
Les deux hommes démissionnent et fondent à la fin de l'année 1937 le Mercury Theatre, essentiellement pour servir le répertoire shakespearien. Leur première production fut Jules César dans une mise en scène inspirée du fascisme mussolinien.
Deuxième court-métrage de Welles, Too Much Johnson fut produit par Mercury Productions et s'inscrit donc dans le cadre des représentations théâtrales engagées avec Houseman. L'origine du film n'est pas une œuvre de Shakespeare mais une farce écrite par William Gillette. Tourné au cours du l'été 1938 dans les environs de New York et d'une durée de 40 minutes, ce film muet devait faire partie intégrante du spectacle, servant et de prologue et d'entractes. Pour des raisons multiples, il ne fut pas projeté lors de l'avant-première prévue au festival du Stony Creek Summer Theater. À ce jour, la copie est introuvable et peut être rangée dans la liste des films perdus ou égarés du réalisateur. On voyait dans le rôle titre Joseph Cotten déambuler sur les toits de New York mais aussi Virginia Nicholson, Welles et Marc Blitzstein.
Parallèlement à son activité théâtrale, Welles fit dès 1935 ses débuts à la radio, dont l'émission March of Time, où sa voix chaude et grave séduit les auditeurs : durant quatre ans, il collabore à une quinzaine d'émissions par semaine. La chaîne CBS l'engagea pour réaliser des adaptations radiophoniques d'œuvres littéraires, avec ce qui constituera plus tard la troupe du Mercury Theatre : Joseph Cotten, Everett Sloane, Agnes Moorehead, Dolores del Río, Ray Collins, George Coulouris… L'émission hebdomadaire, intitulée Mercury Theatre on the Air, met en ondes de nombreux romans, dont La Splendeur des Amberson — qui sera plus tard son deuxième long métrage —, mais aussi L'île au trésor de Robert Louis Stevenson, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Jules César de Shakespeare et Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. L'expérience dura vingt et un mois.
Durant la soirée du lundi 30 octobre 1938, veille d'Halloween, une adaptation de La Guerre des mondes de Herbert George Wells, où Welles, du fait de sa mise en onde très réaliste et se faisant passer pour un présentateur de CBS interrompant l'émission, aurait (selon une thèse très répandue mais aujourd'hui remise en question) effrayé une bonne partie de la Côte Est des États-Unis qui aurait cru à l'invasion du pays par des Martiens.
Les circonstances de cette émission furent pourtant moins « glorieuses » que ses conséquences. Les standards de CBS mais aussi des commissariats furent submergés d'appels de personnes prétendant avoir aperçu des Martiens. La panique fut relayée durant une semaine dans la presse. Rétrospectivement, l'ampleur de la panique aurait été, selon certains auteurs, considérablement exagérée au fil des années, de par les commentaires qui en ont été faits, à commencer par ceux de Welles lui-même.
Welles devient célèbre dans tout le pays du jour au lendemain, ce qui lui ouvrit les portes de Hollywood, où il lui sera offert un contrat en or.

Tandis que Welles continuait à travailler avec Houseman pour CBS dans une émission identique mais désormais rebaptisée The Campbell Playhouse (du nom de la Campbell Soup Company, sponsor du show), il fut contacté au cours de l'année 1939 par le tout nouveau président de la RKO Radio Pictures, George J. Schaefer (1888-1981) dont l'ambition était de faire des films de qualité. Le magazine Life venait de désigner Welles comme le « nouveau Max Reinhardt ». Et le 22 juin, il débarquait sur la Côte Ouest.
Contrairement à la légende, ce contrat des studios ne lui laissait pas « une entière liberté » mais prévoyait tout de même qu'il pouvait être à la fois scénariste et réalisateur, mais aussi co-producteur via sa société Mercury Productions, un statut en vérité assez inhabituel, mais la RKO restant le distributeur, son droit de veto était considérable notamment sur le choix des acteurs et sur le montant des sommes avancées. Par ailleurs, on lui demandait un film par an sur une durée de cinq ans, en échange de 25 % des bénéfices et 150 000 dollars d'avance, avec une liberté sur le choix de la musique et même du montage, chose rarement vue à Hollywood.
Divorcé, puis installé à Brentwood (Los Angeles) et entouré de secrétaires, Welles travaille d'abord à l'adaptation du roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness) et propose l'utilisation d'une caméra subjective. La RKO refuse pour cause de dépassement de budget prévisionnel, le projet, pourtant scénarisé, n'aboutit pas.
À peine le Conrad refusé, Welles propose une adaptation cette fois de Cecil Day-Lewis, un polar politique intitulé The Smiler with a Knife, qui raconte l'histoire d'un femme détective qui enquête sur un mystérieux personnage vivant incognito et qui s'avère être un futur despote doublé d'un aviateur excentrique (visiblement inspiré d'Howard Hughes). Le choix de Lucille Ball pour le rôle titre déplut aux studios, Carole Lombard ayant décliné l'offre.
Côté vie privée, Welles noua une relation avec Dolores del Río ; en 1940, il rompt son association avec John Houseman.
Un an après son arrivée à Hollywood, Orson Welles, associé au scénariste Herman Mankiewicz (frère du cinéaste Joseph L. Mankiewicz), écrit le scénario de Citizen Kane et s'inspire en partie de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst. Toute la troupe du Mercury est intégré au casting. Le cinéaste a enfin obtenu le contrôle total du tournage car il désire maintenir secret le sujet de son film. Les producteurs essaient de s'en mêler en débarquant à l'improviste sur le plateau, mais ils n'y trouvent que les techniciens et les acteurs en train de jouer au baseball, sur l'ordre du réalisateur rendu méfiant.
Le tournage se déroula du 30 juillet au 23 octobre 1940. Une fois le montage et la postproduction achevés durant l'hiver, Orson Welles participa à de nombreuses manifestations promotionnelles où on ne lui parlait que du parallèle entre le personnage de Charles Foster Kane et Hearst, et de la réaction de ce dernier qui venait d'engager une campagne de dénigrement par l'intermédiaire de ses propres journaux. Lassé, Welles déclara : « Lorsque le bruit déclenché par Citizen Kane sera apaisé, je tournerai un grand film sur la vie de Hearst ». Les choses s'envenimèrent à tel point qu'au sein de l'état-major de la RKO, il fut question de confisquer le négatif du film ; les dirigeants décidèrent malgré tout de lâcher du lest non sans avoir passer une copie à Hearst, et Welles, s'estimant trahi, menaça publiquement la société d'un procès en rupture de contrat, en son nom et en celui du Mercury Theatre : le film avait coûté 800 000 dollars. Sa santé s’altéra tant que son médecin l'envoya prendre du repos dans une clinique de Palm Springs. Malgré la campagne de dénigrement orchestrée par Hearst qui dure jusqu'en avril 1941, le film sort en salles, avec retard, le 1er mai et d'abord au New York Palace. La critique est unanimement positive : le film apparaît comme une révolution du point de vue de la technique cinématographique et de la structure du récit. Plus tard, Welles dira que, pour la réalisation, il s'était inspiré du Roman d'un tricheur de Sacha Guitry quant à certains effets stylistiques (flashbacks, fondus, caméra subjective, voix-off, etc.), effets que l'on retrouve dans les films suivants.
Toujours est-il que si le public ne fut pas au rendez-vous, Welles décrocha tout de même le premier Oscar du meilleur scénario original et qu'il partagea avec Herman Mankiewicz.
Pour échapper au monde d'Hollywood, Welles s'accorda quelques semaines de mise en scène sur les planches où il monta une adaptation de Native Son de Richard Wright. Puis il s'attela à un nouveau script inspiré du roman La Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons) de Booth Tarkington, qu'il avait en octobre 1939 déjà transposé à la radio.
Le tournage se déroula du 28 octobre 1941 au 22 janvier 1942 : la destruction de Pearl Harbor arriva entre temps et le film se termina dans un climat oppressant, surtout que Welles était déjà sur d'autres projets. Pour ce deuxième film, le studio reconsidéra en effet son contrat, réduisant sa marge de manœuvre en termes de montage final : n'y ayant pas accès, Welles partit au Brésil pour tourner dans un premier temps un reportage sur le carnaval de Rio. Là-bas, il apprit que Schaefer était viré (Welles perdait son protecteur) et que suite à deux pré-projections négatives en termes de retour, la RKO amputait le film de près de 43 minutes, lesquelles ne seront jamais retrouvées. La RKO fit également tourner une autre fin plus « moralement acceptable » par l'assistant-réalisateur Freddie Fleck et le monteur Robert Wise qui s'était déjà illustré sur Citizen Kane. Par ailleurs, mécontent que sa partition soit également amputée, Bernard Herrmann refusa que son nom soit porté au générique qui est l'un des premiers aux États-Unis à être réciter à haute voix, se concluant par la marque finale devenue mythique : My name is Orson Welles (Mon nom est Orson Welles, selon l'habitude des présentateurs radio).
La première eut lieu le 13 août 1942 et le film, qui n'engrangea que 620 000 dollars, fut sur la liste de quatre Oscars, mais sans succès.
Commencé en même temps que La Splendeur des Amberson, le tournage du Voyage au pays de la peur (Journey into Fear) plaçait Welles dans une position délicate : il était sur ce dernier à la fois acteur et producteur, mais dans son contrat avec la RKO, il était initialement prévu qu'il le dirigerait.
Visiblement plus intéressé par La Splendeur des Amberson, Welles froissa quelque peu les studios en quittant le plateau. Par ailleurs, et sur les instances de Nelson Rockefeller, il mit en chantier un troisième projet durant cet automne 1941 : intitulé d'abord Pan American et bientôt rebaptisé It's All True, regroupant quatre épisodes documentaires, Welles y brossait la vie des Américains sur les deux continents. Durant l'été 1941, et dans le cadre de ce travail de commande visant à rapprocher les peuples américains menacés par la guerre, Welles prit contact avec Duke Ellington et lui commanda une suite musicale pour un portrait de Louis Armstrong qui jamais ne se fit. En septembre, Norman Foster fut dépêché à Mexico pour tourner l'épisode intitulé "My Friend Bonito", l'histoire d'un taureau et d'un garçon, lequel fut intégré plus tard au projet de documentaire.
De février à août 1942, Welles parcourut le Brésil en quête d'images pour deux épisodes : "The Sory of Samba" (l'histoire de la samba) et "Four Men on a Raft" (quatre pécheurs brésiliens sur un radeau). On peut supposer aussi qu'une telle distance permit à la RKO d'en profiter : « J'étais en Amérique du Sud et attendais les rushes de Voyage au pays de la peur ; c'est alors qu'un galopin de la RKO, ayant reçu l'approbation bienveillante d'un couple de vice-présidents et des censeurs du studio, se permit de monter le film. Le résultat fut heureusement présenté par une nuit noire, alors que personne ne regardait. » dira plus tard Welles.
Les raisons pour lesquelles It's All True resta inachevé sont multiples : d'abord la direction de la RKO changea, après le départ de Schaefer, c'est Rockefeller qui se retira. Et puis il y eut le montage de La Splendeur des Amberson qui rendit furieux Welles. Par la suite, le tournage fut annulé et les bobines disparurent.
L'année 1943 marqua un retour à l'optimisme : le 7 septembre 1943, il épousa la star Rita Hayworth – ils eurent une fille, Rebecca (1944-2004), puis divorcèrent en 1948. Invité par Franklin Roosevelt à participer à l'effort de guerre, il proposa une série de conférences un peu partout au États-Unis, dont certaines furent publiées dans le New Farmer Almanac et le New York Post ou diffusées sur CBS, et ce, durant toute la guerre. Début 1944, Welles devient une vedette de cinéma avec Jane Eyre de Robert Stevenson, qui est par ailleurs une adaptation de la pièce radiophonique jouée par The Mercury Theatre on the Air. Welles y incarne le premier rôle et connaît un beau succès commercial.
Welles s'investit à la fin de l'année 1943 dans le théâtre aux armées, produisant entre autres des tours de magie. La revue est baptisée The Mercury Wonder Sow et participa notamment au film à sketch Hollywood Parade (Follow the Boys), dans duquel il découpe en morceaux Marlene Dietrich et où il se qualifie de « magicien amateur ». Cette même année, il écrivit un scénario intitulé Monsieur Verdoux, inspiré d'un fait divers français, l'affaire Landru, et pour lequel il pressentait Charlie Chaplin pour le rôle titre : Chaplin n'ayant jamais été dirigé par personne le réécrivit après lecture et le transforma selon ses besoins, y incluant notamment une critique socio-économique, et, pour dédommager Welles, lui proposa 5 000 dollars, ainsi que sa présence au générique.
Welles revint derrière la caméra seulement à la fin à l'automne 1945 avec Le Criminel (The Stranger) : Sam Spiegel et la RKO, plus réticente que jamais, lui proposèrent de réaliser ce film, à condition de prendre le scénario de Anthony Veiller sans modification ; John Huston qui n'est pas crédité aida Welles du mieux qu'il put et les deux hommes devinrent amis. Welles expédia la mise en scène avec dix jours d'avance sur la date prévue et le film sortit le 25 mai 1946, puis connut un franc succès mais fut considéré par Welles lui-même « comme étant son plus mauvais. Il n'y a rien de moi là-dedans. Je l'ai fait pour prouver que je pouvais tourner un film comme tout le monde. […] Les deux bobines tournées en Amérique du Sud étaient ce qu'il y a de mieux dans le film. Spiegel les a supprimées ». Welles y interprète un ancien nazi et c'est aussi le premier film à montrer des images de camps de concentration.
Toutefois, l'année 1946 devait lui apporter une véritable satisfaction : tourner librement avec son épouse, Rita Hayworth.
Il réalise cette année-là La Dame de Shanghai (The Lady of Shanghai) vaguement inspiré d'un roman de Sherwood King, et magnifié grâce à la présence de Rita Hayworth — avec qui il est déjà en instance de divorce. Le public cria au scandale en voyant la rousse Rita, symbole du glamour hollywoodien, transformée en blonde platine aux cheveux courts, devenue à l'écran cynique et froide ; on bouda le film pendant les projections tests, lesquelles n'emballèrent pas non plus la Columbia qui préféra retarder sa sortie au profit de Gilda, autre film avec Hayworth en vedette. Le film ne sortit qu'en mai 1948. Ce quatrième long métrage de celui que la presse décrivait déjà comme l'« enfant terrible d'Hollywood à l'étoile pâlissante » s'achève sur la séquence du palais des glaces, où Rita Hayworth et Everett Sloane, qui jouent un couple marié, s'entretuent dans un terrifiant vacarme de verre brisé, labyrinthe de miroirs dont peut s'échapper le personnage principal (et narrateur), Michael O'Hara, interprété par Welles. Woody Allen y rendra hommage dans Meurtre mystérieux à Manhattan.
Juste après le tournage, Welles revint au théâtre et donc à New York. Certaines séquences de La Dame de Shanghai furent utilisées par Welles pour sa pièce, Around the World in 80 Days d'après Jules Verne et dont l'adaptation filmique fut envisagée par Michael Todd. Engloutissant d'énormes sommes dans cette production théâtrale et le public ne répondant que moyennement, Welles connaît pour la première fois des ennuis d'argent.
Durant l'été 1947, Herbert Yates, le président de Republic Pictures, un petit studio indépendant spécialisé dans le western et les série B, accepte de financer son nouveau projet de film, l'adaptation du Macbeth de Shakespeare contre 200 000 dollars, le dépassement devant être payé par Mercury Theatre, autrement dit Welles. Ce pari économique ne fut pas tenu : Orson Welles paya près de 100 000 dollars en extra, tout en dissimulant la pauvreté des décors au milieu d'un brouillard artificiel, mais tournant son film en seulement vingt-et-un jours. Le résultat est saisissant d'étrangeté et de mystère, restituant parfaitement « l'atmosphère tellurique de la tragédie ». Sorti le 1er octobre 1948, le film faillit être présenté à la Mostra de Venise, face à l'Hamlet de Laurence Olivier, puis disparut des écrans. Il sortit en France en 1950 et André Bazin fut l'un des ses plus ardents défenseurs, contribuant, avec Jean Cocteau, à faire venir « l'enfant prodigue » en Europe.
En réalité, Welles sortait totalement ruiné de cette expérience et le fisc américain lui réclamait de fortes sommes. Dès la fin 1948, il embarquait pour Cinecitta, où il acceptait contre cachets divers rôles, profitant ainsi de sa côte en tant qu'acteur, du moins sur le Vieux Continent.
Outre ses ennuis avec le fisc, Welles est désormais tombé en disgrâce auprès des producteurs américains, en particulier parce qu'il figure depuis novembre 1947 suite aux recommandations de l'HUAAC sur la liste noire de la MPAA, laquelle refuse d'employer des artistes supposés être de tendance communiste. Paradoxalement, Welles n'avait jamais caché son aversion pour les fascismes et le stalinisme, entretenant même une correspondance entre autres avec Eisenstein. Victime collatérale du Maccartysme, Welles partit en Europe où il joua dans de nombreux films pour financer son nouveau projet shakespearien : Othello.
Après Rome dont on peut retenir Black Magic (Cagliostro) qui permit la rencontre avec Akim Tamiroff, puis après quelques projets parisiens avortés, Welles tourna surtout à Londres.
Le film qui amorça la transformation d'Orson Welles en un véritable mythe en Europe fut celui où, entre ombre et brouillard, il n'apparaît que peu (comparé à Joseph Cotten) et qui ne connut pas non plus un énorme succès : adapté du roman éponyme de Graham Greene (également scénariste), Le Troisième Homme du britannique Carol Reed reste pourtant un cas à part dans sa carrière d'acteur. Reed reconnut plus tard que Welles s'était particulièrement investi dans cette l'aventure, qui les mena à Vienne, prodiguant même quelques conseils sur deux ou trois séquences, mais pas plus. Son personnage fit corps avec lui et Welles devint pour tous Harry Lime, « l'homme qui meurt deux fois » doublé d'un truand équivoque et fascinant.
Le public français découvrit les premiers films de Welles bien entendu après la Libération. Jean-Paul Sartre fit alors l'éloge de Citizen Kane un an avant qu'il sorte en salles en juillet 1946. Plus tard, les jeunes critiques des Cahiers du Cinéma se laissèrent également séduire, André Bazin en tête.
À New-York pendant la guerre, Orson Welles avait assisté à une projection de La Femme du boulanger de Marcel Pagnol. Welles débarqua à Marseille en septembre 1946, et Pagnol raconta qu'il a vu surgir dans son bureau un géant qui s'est s'exclamé : « Je veux voir monsieur Raimu ! ». Mais Raimu vient juste de mourir et alors Welles de fondre en larmes : « C'était le meilleur de nous tous ! », finit-il par dire, avant d'expliquer qu'il avait envisagé de faire appel à Raimu pour quelques projets de films. Entre Pagnol et Welles, ce fut l'amitié, ce dernier n'hésitant pas le à critiquer, disant par exemple de La Femme du boulanger qu'il est « parmi les meilleurs films du monde mais parmi les plus mal filmés ». Welles fit aussi la connaissance d'un collaborateur de Pagnol, le photographe de plateau Roger Corbeau, qui fut engagé sur Dossier secret et Le Procès.
Quelques années plus tard, Welles est contacté par Sacha Guitry qui lui proposa le rôle de Benjamin Franklin dans Si Versailles m'était conté et celui de Hudson Lowe pour son Napoléon. Lorsque Bill Krohn s'entretint avec Welles à la fin des années 1970, celui-ci lui révéla qu'il avait forgé son style « d'essayiste, en s'inspirant du travail de Guitry ».
Welles va mettre quatre ans à tourner Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice). Bien qu'inscrit au répertoire du Mercury Theatre, André Bazin situe le début de ce projet lorsque Welles se trouvait en Italie. Un séjour à Venise et une liaison avec Lea Padovani qui devait interpréter Desdémone, permettent de faire remonter le début du tournage à l'été 1948. Les cachets italiens de l'acteur (via Mercury Productions) servirent à payer les premières séquences, puis ceux de Londres. Après un premier casting décevant, il fit appel à Micheál MacLiammóir pour jouer Iago, puis Suzanne Cloutier pour Desdémone. L'équipe du film se trouva bientôt composée de personnels de différentes nationalités car le tournage, interrompu par les problèmes d'argent, tentait de s’accommoder des nombreux changements de lieux. Ainsi, Welles utilisa de nombreux plans extérieurs (Venise, Rome, Pérouse, Viterbe, Essaouira) en réalisant d'invisibles raccords, tissant son film de façon obstiné et suivi tant bien que mal par son équipe, se retrouvant sans producteur italien (Michele Scalera déposa le bilan en 1950) et sauvé par Les Films Marceau, pour un budget total d'environ 6 000 000 lires et un montage qui comprend 2 000 plans (contre 500 pour Citizen Kane). Le film conserve cependant la marque du réalisateur, lequel affirmait : « Le montage est essentiel pour le metteur en scène, c'est le seul moment où il contrôle complètement la forme de son film ».
Sa réussite artistique fut saluée par le Grand prix (ex-æquo) à Cannes en 1952, le film étant présenté sous pavillon... marocain !
Welles revint ensuite sur les planches et c'est au théâtre Édouard VII à Paris qu'il proposa une adaptation de sa propre pièce The Unthinking Lobster (Miracle à Hollywood), une fable satirique contre le système de production hollywoodien pour laquelle il tourna en guise de prélude le court-métrage The Miracle of St. Anne et recruta Eartha Kitt ; l'ensemble s'intitulait The Blessed and the Damned. La critique parisienne dont Le Monde salua les prouesses techniques, mais s'inquiéta du coût financier, aussi Welles remplaça le tout par du Musset et du Shakespeare, Eartha clôturant la soirée avec un récital de chanson puis le spectacle partit en tournée.
Revenu à Londres, Welles finit par enfin y monter du Shakespeare et ce, grâce à l'aide de Laurence Olivier puis participa au lancement de la chaîne BBC2 avec une adaptation du Marchand de Venise. En 1955, la BBC lui commande une série, Orson Welles Sketch Book, six épisodes dans lesquels il raconte des anecdotes personnels tout en dessinant. Dans la foulée, Associated-Rediffusion, une société de production londonienne, passe commande de treize téléfilms : Around The World with Orson Welles (ITA, 1956) est un « travels essays film », tourné à Londres, en France, en Espagne et qui comprenait : Le Pays Basque, La Vie au Pays Basque, Le Troisième Homme à Vienne, Saint-Germain-des-Près, Les Pensionnaires de la Reine, Tauromachie en Espagne et enfin L'Affaire Dominici.
Pour la radio anglaise, il participa à une série en 52 épisodes, préquelle au Troisième homme et intitulée The Adventures of Harry Lime (BBC, 1951-52). Sur ce, il rencontra Peter Brook qui adapta avec lui King Lear pour la télévision américaine (Omnibus Theatre, CBS, 1953).
Après des débuts remarqués à la télévision, il se lança totalement dans le projet d'un nouveau film, en partie inspiré de trois épisodes des Adventures of Harry Lime . Non seulement ce film eut deux titres (voire trois) mais aussi cinq versions en salle. L'histoire du tournage est aussi complexe que celle d'Othello.
Intitulé sur le script de départ Masquerade, puis Confidential Report (Dossier secret) et produit par le français Louis Dolivet (qui confisquera le montage), le tournage s'étala sur sept mois (1953-54), entre Ségovie, Madrid, Valladolid, Munich, Paris, la Côte d'Azur et le Château de Chillon. Arkadin, le personnage que joue Welles, prend sa source dans la vie du milliardaire Basil Zaharoff et l'homme chargé d’enquêter sur son passé est Lime, mais Welles le rebaptisa Van Stratten. La sortie du film prit deux ans de retard car le montage entreprit par Welles dura presque toute l'année 1954, à cause surtout de la postsynchronisation. La première eut cependant lieu à Madrid en mars 1955 sous le titre Mister Arkadin, puis à Londres cinq mois plus tard et enfin Paris (juin 1956). La critique est partagée mais Éric Rohmer compara alors Welles à Eisenstein.
Au début du tournage, Welles rencontre l'actrice italienne Paola Mori qu'il épousa en mai 1955 – ils eurent une fille, Beatrice Welles, née à la fin de la même année ; Welles quitta Paola en 1962 pour vivre avec Oja Kodar.
Welles était déjà revenu à Broadway en 1954 pour un King Lear remarqué et d'ailleurs capté par CBS, mais c'est à Londres qu'il transposa pour la scène Moby Dick, le roman de Melville en 1955, mise en scène bientôt captée par la télévision anglaise : intitulée Moby Dick - Rehearsed, le montage ne fut jamais achevé. Peu après, John Huston fut alors chargé de faire un film, à partir d'un scénario de Ray Bradbury : ce fut Moby Dick (film, 1956), où Welles y jouait le Père Mapple, et qui revint donc après dix ans d'absence à Hollywood. Il participa à nombre d'adaptations shakespearienne pour CBS et NBC, mais surtout, et contre toute attente, il réalisa un long-métrage.
En 1958, il se voit confier la réalisation de La Soif du mal (The Touch of Evil), d'après un petit roman noir, par les studios Universal. Dans des entretiens ultérieurs avec Peter Bogdanovich, Welles expliquera comment Charlton Heston, véritable star à l'époque, joua dans ce choix un rôle déterminant. Désirant la star pour le projet, Universal convoqua Heston, qui apprend que la distribution comprendra Janet Leigh dans le rôle de sa femme, et Orson Welles, dans le rôle du commissaire Quinlan. Suite à un malentendu, Heston comprit que « Welles va être le réalisateur du film », alors il déclara : « Si Welles est le réalisateur, je suis d'accord ». Contacté, Welles donne son accord pour un bout d'essai. Les producteurs visionnant tous les soirs les rushes, sont emballés au point de proposer à Welles de signer un contrat de quatre films pour les cinq ans à venir[réf. nécessaire]. Hélas pour lui, une fois le film monté, le studio changea radicalement de position. Universal décida de faire remonter complètement le film par un autre réalisateur, de couper des scènes et d'en tourner de nouvelles à la hâte[réf. nécessaire]. Welles déclara : « L'humour que j'ai mis dans le film était inhabituel pour l'époque. Aujourd'hui, il s'est banalisé. Mais à l'époque, il a déplu aux pontes d'Universal ». Ce fut là son dernier film hollywoodien : on y retrouvait Akim Tamiroff et Marlene Dietrich, et un plan séquence inaugural mythique.
Durant ce séjour, il tourne notamment dans Les Feux de l'été d'après William Faulkner où il décroche un rôle face à Paul Newman et travaille pour Desilu Productions, qui le contacte fin 1956 pour lancer une série, The Orson Welles Show mais le projet est avorté. La chaîne NBC programmera The Fountain of Youth (La Fontaine de jouvence), seul épisode achevé et qui remporte un prestigieux Peabody Awards.
Avant de rentrer en Europe, Welles fait la connaissance à Mexico d'Oscar Dancigers, producteur entre autre de Luis Bunuel. Un nouveau projet émergea : adapter le Don Quichotte de Cervantès. Ce film ne fut jamais achevé mais Welles tenta de le terminer toute sa vie durant (cf. plus loin). En 1961, la chaîne ABC programma Orson Welles and the Art of Bullfighting qu'il réalisa en Espagne : c'est vers cette époque qu'il s'installe à Madrid, mais Welles ne cesse d'aller et venir, prenant l'avion dès qu'une opportunité se présente.
En 1960, Welles rencontra le producteur Alexander Salkind qui lui proposa d'adapter une œuvre moderne mais libre de droit. Quelque temps auparavant, Michael Lindsay-Hogg, le (supposé) fils naturel de Welles (né en 1940 de Geraldine Fitzgerald) lui avait soumis l'idée d'adapter pour les planches Le Procès de Franz Kafka. Plus tard, les droits cinéma se révélèrent appartenir à un agent allemand. Toujours est-il que Salkind parvint à réunir 650 millions d'anciens francs (1,2 million de dollars de l'époque) avec un montage financier franco-italo-allemand et le tournage débuta en mars 1962 à Zagreb (à défaut de Prague), en passant par la Gare d'Orsay, et se termina en juin. Welles revisitait le roman mais contournait quelque peu l'humour noir de l'auteur, innovant cependant en commandant à Alexandre Alexeïeff et Claire Parker une animation tirée de la Parabole de la Loi, incluse dans le texte originellement arrangé par Max Brod. Le film sort à Paris en décembre 1962 et décroche le Prix Méliès : The Trial fut mal perçu par la critique anglo-saxonne, jugé baroque et déstabilisant, il s'achève sur un champignon atomique, Guerre froide oblige.
Dès la fin du tournage, Welles commence à vivre avec Oja Kodar, qu'il avait rencontré à Zagreb. Dans le foulée, il continue d'être acteur pour les films des autres, et retenons de cette période sa rencontre avec Pasolini pour La Ricotta en 1963.
Trois ans après le tournage du Procès, il réalise Chimes At Midnight (Falstaff), qui est une refonte de plusieurs tragédies de Shakespeare qu'il avait écrite sous le nom de Five Kings en 1939 (Richard II, Henri IV, Henri V, Les Joyeuses Commères de Windsor) et en s'inspirant également des chroniques de Raphael Holinshed ; en février 1960, il reprit Five Kings au Grand Opera House de Belfast qui fut pour Welles sa dernière performance sur les planches mais qui servit en réalité de "pré-répétition" pour un film dont il avait déjà l'idée en tête.
Le tournage se déroula entre septembre 1964 et avril 1965, le film étant tourné en Espagne et produit par Emiliano Piedra avec l'aide ultérieure d'Harry Saltzman, que Welles avait rencontré à Madrid pour un projet, l'adaptation de L'Île au trésor.
Le thème central du film est l'amitié trahi et la jeunesse perdue ; Orson Welles y incarne Sir John Falstaff. Sa passion dévorante pour le dramaturge anglais irradie ce film à la fois mélancolique et bouffon. Il considère qu'il s'agit de sa plus grande réussite : « Mon meilleur film est Falstaff, ensuite Les Amberson. Falstaff est le complément, quarante ans plus tard, de ce Citizen Kane que j'ai tourné à l'aube de ma vie ». Le film est une coproduction hispano-suisse avec un tournage en anglais dans les environs de Barcelone entre l'hiver 1964 et le printemps 1965. Jeanne Moreau, déjà présente dans Le Procès y tient le rôle de Dolly, entourée d'une kyrielle d'acteurs issus du théâtre anglais dont John Gielgud.
Présenté à Cannes en mai 1966, le film décrocha deux récompenses : le Prix du XXe Anniversaire du Festival du Film et le Prix de la Commission supérieure technique.
Durant l'automne 1966, il tourne pour la télévision française (ORTF) Une histoire immortelle (The Immortal Story), tiré d'une nouvelle de Isak Dinesen intitulée L'éternelle histoire. Welles tourna pour la première fois en couleurs. Conçu à la façon d'une "miniature", ce film comprend Jeanne Moreau, Roger Coggio et Orson Welles dans le rôle de Mr Clay. Il ne sera diffusée sur la deuxième chaîne et projeté le 24 mai 1968, passant relativement inaperçu eu égard aux événements en cours, mis à part qu'il contient une scène d'un érotisme assez poussé pour l'époque et que Jean Renoir salua[réf. nécessaire].
Quelques mois plus tard, Welles "s'embarque" dans le tournage de The Deep (1967-69) d'après Dead Calm (1963) de Charles Williams, sur un bateau, aux larges des côtes yougoslaves, avec entre autres Oja Kodar et Jeanne Moreau. Le film resta inachevé (cf. plus loin).
Welles est alors à un nouveau tournant de sa carrière : il va faire face à une succession de projets avortés, dont le plus célèbre reste The Other Side of the Wind commencé en août 1970 avec ses amis John Huston et Peter Bogdanovich et dont le tournage (chaotique) s'étala jusqu'en 1976.
En 1969, CBS programme Around the World with Orson Welles puis en 1971 Orson Welles Bag (comprenant des extraits de The Merchant of Venice) mais le fisc américain confisqua les financements reçus par Welles et le téléfilm resta inachevé. Cette année-là, il reçoit l'Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
C'est sans doute au cours de l'année 1970 qu'il décida de quitter l'Espagne et de rentrer aux États-Unis, s'installant à Los Angeles avec Oja Kodar (il était toujours officiellement marié avec Paola Mori).
En quinze ans, Welles ne réussira à sortir que deux documentaires. Tout en continuant à jouer dans des films, à se montrer dans des émissions télévisées, à participer même à des publicités, il occupe l'essentiel de son temps à tenter de monter de nouveaux projets. Sa liaison avec Kodar est désormais publique. Elle participa avec lui à la plupart des films de fiction (des adaptations) que Welles, faute d'argent de de temps, ne parvint pas à terminer.
Réalisé avec la complicité de François Reichenbach, Vérités et mensonges (F For Fake) est un essai documentaire, une réflexion sur le cinéma comme art de l'illusion, ainsi que sur les différentes techniques misent en œuvre pour y parvenir.
Revenant sur le tournage d'Othello à partir de documents datant des années 1950-52, Filming Othello (1978), fut réalisé pour la télévision allemande (Hellwig Productions), mais bénéficia d'une distribution en salles américaines en juin 1979, fait rare et dû à la personnalité et au prestige de son auteur.
En 1982, Welles fut le président de la cérémonie des César.
Il meurt à 70 ans, le 10 octobre 1985 à Los Angeles des suites d'un arrêt cardiaque.
Conformément à ses dernières volontés, ses cendres ont été dispersées en Espagne, dans la finca Recreo de San Cayetano près de Ronda en Andalousie, qui appartenait à son ami, le torero Antonio Ordóñez.
La carrière du réalisateur est émaillée de projets de films, soit restés à l'état de scénario, amorcés puis abandonnés, ou, mieux encore, tournés mais invisibles. Après la mort de Welles en 1985, de nombreuses zones d'ombres demeurent : problèmes des droits et de la succession, localisation des archives, intentions de montage du cinéaste et statut des œuvres, etc. « S'inscrivant dans la vieille tradition des expérimentateurs » selon André Bazin, ces projets de films font sans doute partie intégrante de son œuvre, en tous cas participe de la construction du personnage Orson Welles, cas unique dans l'histoire du cinéma. Par ailleurs, Welles lui-même n'aura reconnu de son vivant que deux films « en cours d'achèvement » (in progess), à savoir : Don Quichotte et The Other Side of the Wind.
Cette liste ne prétend pas être exhaustive, et ne répertorie que les films signés avec une maison de production ou pour lesquels il existe une source certaine.
Inachevé, le tournage de It's All True commença fin 1941 et fut annulé en août 1942. Welles n'avait à l'origine nullement l'intention de réaliser seul ce documentaire, mais au cours des années qui suivirent, il chercha à remettre la main sur les rushes, afin de pouvoir les monter en quelque chose d'exploitable. Certains de ces rushes furent retrouvés en 1985. Les droits du film appartenaient désormais à Paramount mais n'étaient libres que passés 50 ans. En 1993, sortit dans les salles un documentaire intitulé It's All True: Based on an Unfinished Film by Orson Welles, écrit et réalisé par Richard Wilson (l'un des collaborateurs de Welles en 1942), Bill Krohn et Myron Meisel avec la participation de Catherine Benamou, fruit d'un long travail d'enquêtes sur les lieux de tournage (1986-1991) et montrant une bonne partie des rushes disponibles.
Welles commence à tourner les premières images de Don Quichotte en septembre-octobre 1957 au Mexique, avec un premier producteur, Oscar Dancigers. Le film ne verra jamais le jour. Il va tourner pendant sept ans, interrompant volontairement le film, le plus souvent pour des raisons budgétaires. En 1969, Francisco Reiguera, l'un des protagonistes meurt. Welles tentera de monter le film dans les années 1970. Une tentative de montage réalisée à partir des rushes et suivant les notes laissées par Welles fut produite en 1992 : les réactions critiques furent mitigées.
Inachevé, le tournage de Dead Reckoning (titre prévu) fut interrompu en 1969. L'un des chefs opérateurs était Willy Kurant, le même que sur Une Histoire immortelle. L'un des acteurs, Laurence Harvey, étant mort en 1973, Welles ne put jamais compléter les scènes manquantes. Une partie du film fut également tourné aux Bahamas. Toutes les scènes devaient être en couleurs, mais faute de moyens, certaines sont en noir et blanc. Les négatifs sont réputés perdus mais le Munich Stadtmuseum possède une copie de travail qui fut projetée au Festival de Berlin en 2000. En 1989, Philip Noyce tourna une adaptation du roman (inachevé) de Williams, qui sortit en français sous le titre Calme blanc.
C'est à l'origine un téléfilm couleurs commencé en 1969 pour la chaîne CBS mais réputé inachevé, et tiré de la tragédie de Shakespeare, Le Marchand de Venise. Welles y interprète Shylock et l'on peut découvrir dans le documentaire The Lost Films of Orson Welles ses saisissants monologues tournés face caméra, dans le désert d'Arizona. Une partie des négatifs aurait été perdue à Rome mais Bogdanovich laisse entendre que CBS aurait tout simplement suspendu le tournage à cause des ennuis de Welles avec le fisc américain.
Acteur shakespearien génial et inspiré, scénariste inventif et puissant, réalisateur visionnaire et novateur, conteur magique d'histoires extraordinaires dans Vérités et mensonges, the wonder boy Orson Welles a su poser sur l'Amérique et la société moderne, sur le monde du spectacle et de la communication un regard lucide et sans complaisance. Son analyse du pouvoir des médias, dans Citizen Kane, n'a pas pris une ride[non neutre]. Et les dangers liés aux progrès de la science, cristallisés dans l'accident de George Amberson, dans son deuxième film, sont toujours d'actualité. Mais l'homme est avant tout un féru de littérature, de musique, de peinture et de théâtre. En 1958, venu présenter La Soif du mal en France, Orson Welles rencontre André Bazin, journaliste et fondateur des Cahiers du cinéma, à qui il accorde un long entretien qui est repris dans le livre que le critique consacre à Welles. Il parle des cinéastes qu'il admire : Marcel Pagnol, John Ford dont il a vu La Chevauchée fantastique une quarantaine de fois avant de réaliser son premier film, Vittorio de Sica, Kenji Mizoguchi, Sergueï Eisenstein, Charlie Chaplin, René Clair et David Wark Griffith. Mais il n'est pas tendre avec certains de ses pairs. Toujours dans l'entretien avec Bazin, il descend Roberto Rossellini, Nicholas Ray et Vincente Minnelli. Seul Stanley Kubrick trouve grâce à ses yeux. Du reste, il est possible de considérer Kubrick comme le meilleur disciple de Welles tant les deux artistes ont de points communs.
Sa carrière n'a pas été un long fleuve tranquille. Il a été obligé de batailler ferme pour mener à bien tous ses projets, qu'il s'agisse de théâtre ou de cinéma. Après 1946 et l'échec commercial cuisant du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, au théâtre, il a eu des ennuis avec le fisc. Mais il a également connu des moments heureux. Il a pu monter quelques pièces de Shakespeare en Angleterre. Visionnaire et audacieux, il a monté, à New-York, Macbeth et transposé l'histoire de l'Écosse brumeuse à l'île d'Haïti sous le règne du roi Christophe, en faisant jouer des acteurs noirs. Sa passion pour le grand dramaturge anglais ne s'arrête pas au théâtre et au cinéma : il réalise plusieurs adaptations radiophoniques qu'il sortira par la suite en disque.
Il a collaboré avec entre autres avec plusieurs musiciens : en tant que narrateur, sur l'album musical d'Alan Parsons Project intitulé Tales of Mystery and Imagination sur le titre A Dream Within a Dream ; avec le groupe de heavy-metal Manowar en prêtant sa voix pour des narrations sur les titres Dark Avenger et Defender.
Orson Welles dès son plus jeune âge entretient une relation privilégiée avec le dramaturge anglais. Dans les multiples entretiens qu'il accordait, il ne cessait de répéter que Shakespeare était le plus grand poète de tous les temps. Le choc, dans le plus beau et le plus noble sens du terme, entre les deux artistes ne pouvait déboucher que sur des chefs-d'œuvre. Avant même de faire du cinéma, Welles maîtrisait parfaitement le théâtre de Shakespeare: Richard III, monstre du théâtre du dramaturge anglais, était à son répertoire. En 1939, il produit Les cinq rois, où il refond plusieurs pièces, et le fait jouer par le Mercury Theatre. La consécration eut lieu dans les années 1950, quelque temps après avoir terminé son adaptation de Othello. Grâce à l'aide de l'acteur Laurence Olivier, il put monter la pièce sur la scène du Saint James Theatre, le temple du théâtre élizabéthain. Le triomphe fut total. En 1956, à New-York, il a mis en scène Le roi Lear, au théâtre City Center, toujours avec le même succès.
Au cinéma, l'influence de Shakespeare se manifeste dès Citizen Kane : un roi de la presse, qui cherche à étendre son empire, doit essuyer plusieurs échecs sentimentaux, relationnels et professionnels qui le conduiront à la solitude et à la mort. Nous retrouvons dans ce premier film de nombreuses thématiques shakespeariennes: un roi solitaire, tentant en vain de concilier ambition, pouvoir et vie de famille, et devant faire face à la trahison. Celle de ses amis, mais aussi la sienne propre, car Charles Kane trahit sa profession de foi. Ce thème de la trahison, et de l'échec qui s'ensuit, va se retrouver tout au long de son œuvre, mais également de sa vie professionnelle. Il suffit de penser à It's all true et Don Quichotte : trahi par ses échecs commerciaux, le cinéaste a de nombreuses difficultés pour mener à bien ses projets.
Les adaptations qu'Orson Welles réalise sont chacune différentes mais également fascinantes. Macbeth est composé majoritairement de plans séquences très longs. Le seul couronnement du roi dure près de dix minutes. Le cinéaste plonge le film dans des brumes, rappelant celles d'Écosse, afin de cacher la pauvreté des décors. À l'inverse, Othello est composé d'environ deux mille plans. Véritable prouesse technique de Welles qui interrompt son film pour le reprendre quelques mois plus tard, une fois les finances arrivées. C'est également le film où le thème de la trahison est sublimé : Othello est trompé par Iago qu'il croit être son ami, alors qu'en fait ce dernier ne sert que ses ambitions. Sa dernière adaptation est également grandiose puisqu'il s'agit de Falstaff, où il refond plusieurs pièces du dramaturge et fait de John Falstaff, personnage secondaire, presque un faire-valoir chez Shakespeare, un personnage de premier plan. La séquence de bataille est admirable, et le pachyderme Welles, très loin du jeune premier de Citizen Kane, incarne le bouffon mais sincère Falstaff, renié par son ami devenu roi.
Textes disponibles en français :
Textes en anglais :
Welles fut également un dessinateur accompli et ce dès Hearts of Age. Dans The Orson Welles Sketchbook, il illustre diverses anecdotes à partir de ses propres croquis ; dans Vérités et mensonges, on le voit en train de dessiner dans plusieurs séquences.
Il convient de distinguer, d'un coté les films achevés et distribués du vivant de Welles et, de l'autre, les ébauches. Pour ce faire, voici un tableau récapitulatif :

La réalisation est d'Orson Welles, sauf mention contraire

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Film The Deep

Une histoire immortelle

de Orson Welles

1
Film Une histoire immortelle

Falstaff - Chimes at Midnight

de Orson Welles

1
Film Falstaff - Chimes at Midnight

Le Procès

de Orson Welles

3.9
Film Le Procès

La Soif du mal

de Orson Welles

4.3
Film La Soif du mal

Dossier secret

de Orson Welles

3
Film Dossier secret

Othello

de Orson Welles

0.0
Film Othello

Macbeth

de Orson Welles

3.5
Film Macbeth

Le Criminel

de Orson Welles

4
Film Le Criminel

La Dame de Shanghai

de Orson Welles

4.0
Film La Dame de Shanghai

Citizen Kane

de Orson Welles

3.9
Film Citizen Kane

La Splendeur des Amberson

de Orson Welles

6
Film La Splendeur des Amberson

Too Much Johnson

de Orson Welles

Film Too Much Johnson