Joan Fontaine

Acteur

Biographie

Joan Fontaine
Joan Fontaine en 1941
Joan Fontaine, de son vrai nom Joan de Beauvoir de Havilland, est une actrice britannique, née à Tokyo le 22 octobre 1917, naturalisée américaine en avril 1943.
Elle est la sœur cadette — plus jeune de quinze mois — de l'actrice Olivia de Havilland avec laquelle elle sera en conflit quasi-permanent.
Née Joan de Beauvoir de Havilland à Tokyo, Japon, elle est la fille cadette de Walter de Havilland, et de Lilian Augusta Ruse, ex-actrice britannique connue sous son nom de scène Lilian Fontaine, qu'il épousa en 1914. Le père, Walter, était un mandataire de brevets possédant un bureau au Japon.
Cadette de l'actrice Olivia de Havilland, qu'elle ne voit plus depuis 1975 ; toutes deux étudièrent au lycée de Los Gatos et dans l'école catholique pour filles Notre Dame à Belmont, en Californie.
Les parents de Joan divorcèrent quand elle avait deux ans. Joan était une enfant maladive et développa une anémie après une rougeole et des infections de streptocoques. Sur le conseil d'un médecin, la mère de Joan emmena ses deux filles aux États-Unis où ils s'établirent à Saratoga, Californie.
Sa santé s'améliorant rapidement, elle prit des leçons de diction tout comme sa sœur. Elle était très brillante et obtint le score de 160 lors d'un test de QI quand elle avait trois ans. A quinze ans, Joan repartit au Japon et vécut deux ans avec son père.
Joan fait ses débuts sur scène dans la production sur la côte ouest de Call It A Day en 1935 et signa bientôt un contrat avec la RKO. Plusieurs années plus tard, elle apparaîtra à Broadway dans Forty Carats.
Elle débuta par un petit rôle dans La Femme de sa vie (No more ladies) co-réalisé par George Cukor avec la resplendissante Joan Crawford en vedette (1935) puis elle apparut dans Pour un baiser de George Stevens avec cette fois Katharine Hepburn dans le premier rôle. Puis elle fut choisie pour un rôle important aux côtés de Fred Astaire (pour son premier film RKO sans Ginger Rogers) : Une Demoiselle en détresse (1937), comédie musicale de Stevens à nouveau, mais le public ne suivit pas et le film fit un flop . Elle interprète ensuite une douzaine de films, principalement des comédies romantiques avec pour partenaire Richard Dix ou Louis Hayward mais, par manque de réussite, son contrat n'est pas renouvelé à son expiration en 1939. Cette même année, elle tourne le célèbre Gunga Din de son mentor Stevens, film d'aventures viriles dans l'Inde du 19e siècle qui privilégie les hommes (Cary Grant, Victor McLaglen, Douglas Fairbanks Jr.), et à l'opposé participe au mémorable Femmes de George Cukor, avec une myriade d'actrices (Norma Shearer, Joan Crawford, Rosalind Russell, Paulette Goddard...), preuve qu'elle est déjà une actrice qui compte à Hollywood. En 1939 toujours, elle épouse son premier mari, l'acteur britannique Brian Aherne. Mais ce mariage ne fut pas des plus heureux.
La chance tourna un soir lors d'une réception où elle occupait la place à côté du producteur David O. Selznick.
Selznick et Joan évoquèrent le roman Rebecca de Daphne du Maurier, et le producteur lui demanda d'auditionner pour le rôle de l'héroïne. Elle dut passer une série de tests sur six mois, en compagnie de centaines d'autres actrices (la toute jeune Anne Baxter par exemple), avant d'être finalement choisie pour devenir la femme oppressée de Laurence Olivier.
Rebecca marque les débuts américains du réalisateur britannique Alfred Hitchcock. En 1940, le film sortit en recueillant des critiques élogieuses (avant de recevoir l'Oscar du meilleur film) et Joan fut nommée à l'Oscar de la meilleure actrice.
Elle ne le remporta pas cette année-là, (Ginger Rogers le reçut pour Kitty Foyle) mais Fontaine l'obtiendra l'année suivante pour Soupçons, à nouveau sous la direction d'Hitchcock : en épouse inquiète de Cary Grant, jamais Joan Fontaine ne fut plus belle. C'est l'unique Oscar d'interprétation attribué à un film d'Hitchcock.
Olivia de Havilland fut la première à devenir actrice. Lorsque Joan voulut suivre la même voie, leur mère, qui préférait prétendument Olivia, refusa de la laisser utiliser leur nom de famille. Joan fut donc contrainte de s'inventer un nom (Joan Burfield, puis Joan Fontaine, qui était l'ancien nom de scène de sa mère).
Le biographe Charles Higham rapporte que les sœurs ont entretenu une relation difficile dès la prime enfance Olivia déchirant les vêtements de sa cadette, la forçant ainsi à les recoudre. Il semble que la querelle et le ressentiment entre les deux soeurs provenait du fait que Joan considérait sa sœur comme la préférée de leur mère.
En 1942 Olivia et Joan furent toutes deux nommées pour l'Oscar de la meilleure actrice. Joan le remporta pour son rôle dans Soupçons, (Olivia étant nommée pour Par la porte d'or). D'après Higham, Joan « se sentit coupable d'avoir gagné étant donné son manque d'ambition de carrière... » Toujours est-il que lors de cette soirée, Joan refusa les félicitations d'Olivia au moment où elle se levait pour monter sur scène recevoir son prix. Plusieurs années plus tard, Olivia devait se souvenir de ce comportement de sa soeur et lui rendit la pareille, en refusant de la saluer lors d'une soirée; il faut préciser que Joan venait de tenir des propos peu amènes sur le mari d'alors d'Olivia.
Les relations entre les deux sœurs continuèrent à se détériorer après l'incident des Oscars en 1942. D'après Higham c'est la dernière paille de ce qui deviendra une brouille à vie, mais les sœurs n'ont vraiment arrêté de se parler qu'à partir de 1975.
Selon Joan, Olivia ne l'invita pas au service mémorial de leur mère récemment décédée. Olivia démentit, déclarant l'avoir invitée mais ayant essuyé un refus de Joan, trop prise pour assister à la cérémonie.
Higham prétend que Joan a aussi des relations difficiles avec ses propres filles, probablement après avoir découvert qu'elles entretenaient une relation secrète avec leur tante Olivia.
Joan Fontaine s'est exprimée sur sa brouille avec sa sœur dans une émission télévisée sur la chaîne canadienne CBCtv.
Sacrée star grâce aux deux films d'Hitchcock, la belle blonde enchaîne les succès dans les années 1940, elle excelle dans les mélodrames romantiques. Parmi les films marquants de cette période : Âmes rebelles d'Anatole Litvak au côté de Tyrone Power, Tessa, la nymphe au cœur fidèle d'Edmund Goulding (1943) avec Charles Boyer, Jane Eyre d'après Charlotte Brontë (1944) avec Orson Welles, Le Crime de Madame Lexton (Ivy) (1947) et Lettre d'une inconnue de Max Ophüls d'après Stefan Zweig (1948, avec Louis Jourdan), L'aventure vient de la mer de Mitchell Leisen d'après Daphné du Maurier encore.
Joan retrouve en 1948 la comédie musicale avec La Valse de l'empereur, dirigée par Billy Wilder au côté de Bing Crosby, et le film noir avec Les Amants traqués (Kiss the Blood Off My Hands), réalisé par Norman Foster, face à Burt Lancaster. Par ailleurs elle brille dans la comédie, escortée par George Brent ou James Stewart.
Les succès au cinéma se raréfient la décennie suivante : le très sombre Born to be Bad de Nicholas Ray avec Robert Ryan ne reçoit pas l'accueil attendu, et ni Les Amants de Capri de William Dieterle (où figurent Joseph Cotten et Françoise Rosay) en 1950 ni ses retrouvailles avec Stevens pour L'Ivresse et l'amour, drame avec Ray Milland, ne marquent autant que ses triomphes passés. Seul de cette période Ivanhoé (1952), classique du film d'aventures moyenâgeuses, survit auprès du grand public ; cependant, même si elle occupe le haut de l'affiche avec Robert Taylor, la beauté de la jeune et brune Elizabeth Taylor est loin de passer inaperçue.
De la même manière, Joan Collins est la présence sexy des Pages galantes de Boccace (1953, où Fontaine et Jourdan reforment leur couple mythique) et de Une île au soleil (1957) de Robert Rossen — dans ce dernier, Joan Fontaine est la femme scandaleuse partagée entre James Mason et Harry Belafonte. Dans Femmes coupables de Robert Wise, l'actrice mûrissante rivalise avec les juvéniles Jean Simmons et Piper Laurie auprès du juvénile Paul Newman. Promue « grande dame de l'écran » à 35 ans, Joan passe de la parodie (La Grande Nuit de Casanova de Norman Z. McLeod, en compagnie de Bob Hope) au film d'auteur (The Bigamist de et avec Ida Lupino), tourne avec Anthony Mann et mène la distribution de Un certain sourire d'après Françoise Sagan. Elle s'essaie même tardivement, comme d'autres actrices de sa génération (Yvonne De Carlo), à la science-fiction : Le Sous-marin de l'apocalypse mis en scène en 1961, avec Walter Pidgeon pour co-vedette.
Ses deux derniers rôles marquants au cinéma, Fontaine les doit à deux vétérans : Fritz Lang la confronte une dernière fois au film noir dans L'Invraisemblable Vérité (1956) — et à Dana Andrews, autre référence du genre — et Henry King lui offre ses adieux au grand écran en héroïne de Francis Scott Fitzgerald dans Tendre est la nuit (1962), entourée par Jennifer Jones, Jason Robards et Tom Ewell. Son ultime apparition en salles date de Pacte avec le diable (1966) qu'elle co-produisit.
Fontaine commence à travailler pour la télévision dès les années 50 et s'illustre aussi sur scène. Elle reçut des critiques positives à Broadway pour son rôle de Laura dans Thé et Sympathie en 1954 face à Anthony Perkins. Dans les années 60, elle poursuit ses apparitions scéniques dans plusieurs productions, dont Private Lives, Cactus Flower et la production autrichienne The Lion in Winter. Elle apparut sporadiquement à la télévision dans les années 70 et 80 et fut nommée pour un Emmy pour le soap opera, Ryan's Hope en 1980.
Elle réside à Carmel en Californie, dans un relatif isolement.
Elle publia son autobiographie, No Bed of Roses, en 1979.
Joan Fontaine s'est mariée quatre fois :
Elle eut une fille, Deborah Leslie Dozier (née en 1948), de son union avec Dozier, et une autre fille, Martita, adoptée du Pérou, qui quitta le foyer.
Joan Fontaine a une étoile sur le Hollywood Walk of Fame au 1645 Vine Street.
Depuis la mort de Katharine Hepburn en 2003, Joan Fontaine, sa sœur Olivia de Havilland et Maureen O'Hara sont les dernières grandes stars hollywoodiennes vivantes des années 1930 et 1940, avec Lauren Bacall pour cette dernière période.
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