Françoise Arnoul

Actrice de 88 ans (03 juin 1931)

Biographie

Françoise Arnoul, de son patronyme Françoise Annette Marie Mathilde Gautsch, est une actrice française née le 9 juin 1931 à Constantine (Algérie).
Elle a été la compagne du réalisateur Bernard Paul (1930–1980).
Françoise a deux frères ; leur père est un militaire, le général Charles François Gautsch, auquel elle empruntera plus tard l’un de ses prénoms pour en faire son nom d’artiste.
Elle va, en quelque sorte, réaliser le rêve de comédienne de sa mère. En effet, celle-ci, après avoir suivi, dans sa jeunesse, les cours d’art dramatique du conservatoire de Lyon, avait débuté sur la scène du Théâtre des Célestins où elle a joué, sous le nom de Jeanine Henry, avec Charles Vanel. Elle avait abandonné sa carrière pour épouser le jeune polytechnicien Charles Gautsch et s'en tenir désormais aux strictes ambitions de sa belle-famille.
Elle dit un jour à sa petite fille : « Tu dois penser à l’art, la seule chose réellement belle. Si tu n’aimes pas le piano autant que moi, fais de la danse. » Françoise est donc inscrite aux cours de danse à Rabat, au Maroc, où son père est alors en poste au début de la Seconde Guerre mondiale.
Elle fait, vers sept ans, ses débuts sur les planches en « papillon » du Carnaval de Robert Schumann dans un ballet donné au profit de la Croix-Rouge. Le spectacle est aussi présenté dans les principales villes marocaines.
La fillette entre ensuite au lycée de Casablanca où la famille a déménagé. Françoise met à présent le tutu pour ses cours de danse. C’est aussi à partir de cette époque qu’elle découvre le cinéma, ses magazines et ses stars, Shirley Temple, Errol Flynn ou Gary Cooper.
À la fin de la guerre, en 1945, toute la famille rentre en France, alors que le père reste au Maroc, retenu par ses obligations professionnelles. Après un passage par Bagnères-de-Bigorre, la famille s’installe dans le XVIe arrondissement de Paris.
Françoise entre au lycée Molière et partage sa passion naissante pour la composition française avec ses deux nouvelles amies. L’une est Yvonne Roussel, la sœur de Michèle Morgan et l’autre Danièle Heymann, future journaliste et fille du réalisateur Claude Heymann. Les trois amies, entre le lycée et les lectures de Cinémonde, organisent de petites représentations entre elles, le goût de la déclamation leur ayant été inculqué par leur professeur de français.
Un jour, Yvonne Roussel obtient deux places pour assister au Théâtre de l'Empire, dans la loge de sa sœur Michèle Morgan, à la projection du dernier film de celle-ci, La Symphonie pastorale de Jean Delannoy (1946). Premier contact de Françoise avec une star.
Quelque temps plus tard, devant cette même salle de L’Empire, elle est abordée par le réalisateur Marc Allégret qui recherche deux jeunes filles pour son prochain film, Les lauriers sont coupés. Elle est reçue par le jeune assistant d’Allégret, Roger Vadim qui lui annonce que l’autre jeune fille, une certaine Brigitte Bardot, est déjà engagée ; mais le film ne se fera pas.
Ayant peu de goût pour les études, Françoise quitte sa classe de seconde et déclare à sa mère : « Je veux faire du cinéma. » Sa mère l’inscrit aux cours dramatiques dispensés dans le 9e arrondissement par l’une de ses connaissances, madame Bauer-Thérond. Ses camarades s’appellent Michel Drach, Roger Carel et Roger Hanin. Lors d’une audition au théâtre de la Potinière, elle signe un contrat avec l’agence artistique Besnard, qui compte déjà parmi ses jeunes acteurs Magali Noël et Renée Cosima.
Pressentie par Robert Dhéry qui auditionne pour la comédie théâtrale qu’il est en train de monter avec Bourvil en vedette, Le Bouillant Achille de Paul Nivoix (1948), le rôle est finalement confié à une autre débutante, Nicole Courcel. Françoise fait une première figuration en 1948 dans Rendez-vous de juillet de Jacques Becker où Nicole Courcel tient l'un des rôles principaux.
Elle va sur ses 18 ans et elle est engagée, après des essais concluants, par Willy Rozier qui lui confie son premier grand rôle dans L'Épave (1949). Elle est « Perrucha », une belle garce qui, avec quelques scènes déshabillées, lance le personnage de Françoise Arnoul.
Elle va incarner, à l’écran, des personnages peu conventionnels, des rôles souvent pervers. Françoise Arnoul, même si elle a quelquefois des rôles légers, comme dans Nous irons à Paris (1950) ou de midinette comme dans French Cancan (1954), joue souvent des personnages troubles et destructeurs : Le Fruit défendu (1952), La Rage au corps (1954), et la série des films d’Henri Decoin, La Chatte (1958 - 1960), où son visage félin d’espionne perdue, en ciré noir, séduit les spectateurs. Plus que Brigitte Bardot à laquelle on a voulu quelquefois l’opposer, elle incarne des personnages souvent énigmatiques chez qui apparait une sensualité pernicieuse. Elle dit à Vadim sur le plateau de Sait-on jamais... (1957) : « Si tu cherches Brigitte à travers moi, tu ne la trouveras pas. Elle n’est pas moi, je ne suis pas elle ! » Avec ce film et avec celui de Pierre Kast, La Morte saison des amours (1960), elle a l’occasion de montrer l’étendue de ses talents pour allier intellectualisation des sentiments et passion charnelle.
Françoise Arnoul a connu l’organisateur événementiel Georges Cravenne (mort le 10 janvier 2009) en 1954 sur le tournage de French Cancan. Ils se sont mariés en 1956 et ont divorcé en 1964.
Elle a rencontré le cinéaste Bernard Paul en 1964 sur le tournage de Compartiment tueurs de Costa-Gavras et a été sa compagne jusqu’à la mort de celui-ci en 1980. Pour lui, elle a mis sa carrière en sommeil afin de l’assister dans le tournage de ses premiers films. Ensemble et avec Marina Vlady, ils ont créé, en 1968, la société de production « Francina » qui leur a notamment permis de financer les trois longs métrages de Bernard : Le Temps de vivre (1969), Beau masque (1972) d’après le roman de Roger Vailland, Dernière sortie avant Roissy (1977), filmé à Sarcelles. Ces trois films, s'ils sont salués par la critique, ne connaissent qu'une faible audience en salles.
La maturité lui a offert l’occasion de diversifier ses emplois au cinéma et à la télévision. À cette période, elle tourne au cinéma Lucky Jo de Michel Deville (1964), Le Dimanche de la vie de Jean Herman (1965) et Ronde de nuit de Jean-Claude Missiaen (1984). À la télévision, elle a des emplois attendrissants de mère comme dans L'Automate de Jean-François Claire (1981) et elle joue la vieille femme vengeresse de L'Étrange histoire d'Émilie Albert de Claude Boissol (1988).

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