Andrei Tarkovsky

Acteur et réalisateur né le 04 avril 1932 (décédé à 54 ans)

Biographie

Andreï Arsenievitch Tarkovski (en russe : Андрей Арсеньевич Тарковский) est un réalisateur soviétique né le 4 avril 1932 à Zavrajye près de Iourievets (Russie) au bord de la Volga et mort le 29 décembre 1986 à Neuilly-sur-Seine d'un cancer du poumon[note 1].
Fils du poète Arseni Tarkovski et de Maria Vichniakova, correctrice (qui jouera son propre rôle dans Le Miroir), Andreï Tarkovski évolue dans un milieu qui le pousse à s'intéresser aux arts. « Sa mère avait senti en lui un tempérament artistique » affirmera sa femme Larissa Tarkovskaïa[réf. nécessaire].
Sa sœur, Marina, naît en 1934.
Son père quitte le foyer familial en 1935 et l'existence d'Andreï Tarkovski se partage alors entre un appartement communautaire à Moscou et la maison de campagne de son grand-père.
En 1943, il suit les cours au lycée de Moscou et étudie aussi la musique et la peinture.
En 1947, il doit faire un séjour au sanatorium après avoir contracté la tuberculose.
Il étudie l'arabe à l'institut des langues orientales de Moscou entre 1951 et 1954. Il part ensuite en Sibérie étudier la géologie.
Il intègre le VGIK (Institut fédéral d'État du cinéma) à Moscou en 1959 où il suit les enseignements de Mikhaïl Romm.
C'est à partir de là qu'il met en scène son premier court-métrage : Les Tueurs, adapté de la nouvelle d'Ernest Hemingway. En 1960, il réalise son film de fin d’études Le Rouleau compresseur et le violon, un moyen-métrage en couleurs dont le scénario a été écrit avec Andreï Kontchalovski.
Son premier long-métrage L'Enfance d'Ivan le rend célèbre sur la scène internationale grâce à l'obtention du Lion d'or à la Mostra de Venise en 1962 et sept prix internationaux. Il voyage aux États-Unis et en Italie. Le film est défendu par Jean-Paul Sartre face aux critiques des communistes italiens. L'Enfance d'Ivan annonce un renouveau dans le cinéma soviétique, lui permettant enfin un détachement avec le réalisme social et l'arrivée de nouveaux auteurs.
Souvent ennuyé par la censure, jugeant son œuvre non conforme aux impératifs de l'art national, il doit remanier le montage de ses films suivants notamment celui d' Andreï Roublev. Il présente Andrei Roublev au festival de Cannes en 1969. Tarkovski a mis quatre ans à réaliser le film dont le scénario avait été écrit avec Andreï Kontchalovski.
En 1971, il écrit avec Gorenstein le scénario d'Ariel (Vent clair).
En 1972, il obtient le Grand prix spécial du jury du Festival de Cannes 1972 pour Solaris malgré les 48 coupures proposées par la censure soviétique (Goskino (Госкино)).
Après la réalisation de Solaris, c'est avec Le Miroir, qui intègre dans son récit des épisodes de sa propre enfance ainsi que des poèmes de son père, que son contentieux avec les autorités soviétiques, qui jugent son film trop avant-gardiste, le force à émigrer pour trouver d'autres ressources financières, artistiques et professionnelles. Il achève néanmoins l'élaboration de Stalker d'après un roman des frères Strougatski en URSS. Après plusieurs voyages en Italie, en Suède ainsi qu'au Royaume-Uni où il monte Boris Goudonov, l'opéra de Moussorgski, il décide finalement de revenir en URSS en 1981 afin de retrouver Larissa, son épouse et Andreï Jr, leur fils. Tarkovski quitte définitivement son pays l'année suivante pour s'établir en Italie où il tourne Nostalghia, écrit avec Tonino Guerra, le scénariste de Michelangelo Antonioni, un film largement autobiographique[réf. souhaitée] sur la nostalgie que peuvent éprouver les Russes très attachés à leurs racines. Mosfilm empêche son fils Andriouchka, sa femme Larissa et leur chien Dakus de le rejoindre de crainte qu'ils ne retournent pas en Union soviétique. Tarkovski est finalement rejoint quelques années plus tard par sa femme en Italie. À Cannes, Tarkovski reçoit des mains d'Orson Welles le Prix du cinéma de création pour Nostalghia, ex-aequo avec L'Argent de Robert Bresson.
Enfin, Ingmar Bergman invite Tarkovski à tourner Le Sacrifice sur l'île de Fårö où il habite. En décembre 1985, alors qu'il monte ce film, un cancer du poumon est diagnostiqué chez Andreï Tarkovski. Cette maladie avait déjà tué en 1982 Anatoli Solonitsyne, l'un de ses acteurs fétiches. Des amis français, dont l'actrice Marina Vlady et son compagnon le chirurgien Léon Schwartzenberg, qui soignera Tarkovski, accueillent le réalisateur à Paris. Il est hospitalisé à Paris grâce à François Mitterrand et au maire de la ville, Jacques Chirac, qui lui offre un logement et des soins gratuits[réf. nécessaire]. Son fils Andreï reçoit l'autorisation de quitter l'URSS et le rejoint le 19 janvier 1986. Leurs retrouvailles sont filmées par Chris Marker. Il songe au scénario sur la Tentation de Saint-Antoine.
Il meurt des suites de son cancer le 29 décembre 1986 à Neuilly-sur-Seine en France. Le service funèbre est célébré à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris pendant lequel le violoncelliste Mstislav Rostropovitch joua Sarabande de Bach. Tarkovski est inhumé le 3 janvier 1987 au cimetière russe orthodoxe de Sainte-Geneviève-des-Bois aux côtés d'autres personnalités russes comme Ivan Bounine. Le monument funéraire en marbre du sculpteur Ernst Neizvestny évoque le Golgotha et comporte sept étages, symbolisant les sept films de Tarkovski. Il est surmonté d'une croix orthodoxe réalisée à partir des croquis du réalisateur lui-même.
Tarkovski se marie en avril 1957 avec Irma Raush, une camarade de cours du VGIK qui sera actrice et tiendra notamment le rôle de l'innocente muette dans Andreï Roublev. Ils auront un fils, Arseni, né en 1962, qui deviendra médecin. Le couple se sépare en juin 1970.
Tarkovski se remarie la même année avec Larissa Egorkina, rencontrée sur le tournage de Andreï Roublev. De cette union naîtra son second fils, Andreï Jr.
Son œuvre, teintée de mysticisme, est l'une des plus originales du cinéma du XXe siècle. Andreï Tarkovski est souvent considéré par la critique comme un des maîtres du septième art, à l'égal d’Ingmar Bergman, Orson Welles, Luis Bunuel, Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi, Robert Bresson, Michelangelo Antonioni ou Federico Fellini (qui ont d'ailleurs tous été pour lui des modèles majeurs)[réf. nécessaire].
Empreintes d'une pensée orthodoxe slave et de panthéisme, ses œuvres explorent le basculement de l'Homme vers la folie ou tentent de franchir la frontière ténue séparant l'imaginaire du rationnel, créant une imagerie hypnotique et visionnaire où s'entrelacent tout un réseau de symboles d'origine païenne ou chrétienne et une série de figures poétiques alliant le profane et le sacré. La spiritualité, la présence de la terre et son union prophétique avec les trois autres éléments de la vie (eau, feu et air), la solitude des êtres, leurs rêves, leurs fantasmes, leur imagination et leurs tourments existentiels sont des thèmes chers à Tarkovski[travail inédit ?].
Il n'est cependant pas justifié de limiter sa créativité et son engagement à « l'âme russe » ou « slave », orthodoxe, mystique, ou autres. Comme pour les romanciers Tolstoï, Dostoïevski ou le philosophe Léon Chestov entre autres et auxquels on peut le rattacher, la portée de leurs œuvres est surtout humaniste et universelle. En effet les films L'Enfance d'Ivan, Andrei Roublev, Solaris, Le Miroir, et surtout Stalker peuvent donner un sentiment qu'on navigue en plein mysticisme avec force phénomènes étranges ou insolites. Il s'agit plutôt de procédés narratifs avec utilisation de symboles (profanes ou sacrés) au service d'une pensée attachée à décrire l'humain dans sa grandeur, ses décadences et de mettre en lumière ses contradictions, sa violence et ses rapports à l'amour, charnel et sacré et à la volonté de puissance[travail inédit ?].
La sensibilité de Tarkovski pour l'âme enfantine faite de mélanges des pensées rationnelles et magico-phénoménistes, est la marque de ses nombreuses références à des enfants dans ses films. Ivan, Boriska et Aliocha perçoivent le monde comme tout enfant peut l'appréhender. Ils sont heureux, malheureux, déçus par les adultes qu'ils idéalisent (Boriska dont le père est le détenteur avare d'un secret de fabrication) et finissent par se construire en adultes plus ou moins écorchés (Ivan). Leur vécu s'apparente à tous ceux des enfants de la planète. À ce sujet le rapprochement à Bergman souvent frappant, quelles différences entre les enfants des films de Tarkovski et Fanny et Alexandre par exemple ou encore Alexandre et Voula dans Paysage dans le brouillard d'Angelopoulos ?[travail inédit ?]
Le cinéma d'Andreï Tarkovski est unanimement reconnu. Il a particulièrement influencé Nuri Bilge Ceylan dans son film Uzak, Sharunas Bartas, Alexandre Sokourov ainsi qu'Andreï Zviaguintsev dont Le Bannissement a été considéré comme du Tarkovski de troisième zone par certains critiques. Le film Antichrist de Lars Von Trier est dédié à Andreï Tarkovski[réf. nécessaire].

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