Poetry

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Genre : Drame, Policier

Durée : 2h15

Sortie : 25 août 2010

Réalisé par : Lee Chang-dong

Nationalité : Corée du Sud

Dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. C’est une femme excentrique, pleine de curiosité, qui aime soigner son apparence, arborant des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives. Le hasard l’amène à suivre des cours de poésie à la maison de la culture de son quartier et, pour la première fois dans sa vie, à écrire un poème.Elle cherche la beauté dans son environnement habituel auquel elle n’a pas prêté une attention particulière jusque-là. Elle a l’impression de découvrir pour la première fois les choses qu’elle a toujours vues, et cela la stimule. Cependant, survient un événement inattendu qui lui fait réaliser que la vie n’est pas aussi belle qu’elle le pensait.

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  • 2.5 -  Il y a 3 mois

    Des enfants jouent au bord d'une rivière. Un objet flotte lentement sur l'eau boueuse. Dans un premier temps, on imagine que c'est un tronc d'arbre mais, lorsque l'objet se rapproche, on comprend que c'est le cadavre d'une collégienne.

    Nous sommes en Corée du Sud. Une grand-mère, Mija, habillée comme une première communiante, va consulter un médecin pour des problèmes de douleur à l'épaule. Le médecin n'y attache pas grande importance mais décèle chez elle une maladie beaucoup plus grave, un début d'Alzheimer et il lui conseille, pour retarder la progression de la maladie, de faire des exercices pour développer sa mémoire. Mija s'inscrit donc à des cours de poésie (d'où le titre, "poetry" signifiant "poésie").

    Mija élève seule son petit-fils, Wook, un gamin mutique et antipathique, que sa fille, qui travaille ailleurs et dont on ne sait rien, lui a confié. Dans un minuscule appartement où ils cohabitent, elle lui prépare ses repas, lui lave ses vêtements alors que lui n'a rien de plus pressé que de s'enfermer dans sa chambre et de jouer avec son ordinateur ou rejoindre ses copains.

    Pour gagner sa vie et nourrir Wook, Mija, bien qu’elle ait largement dépassé l’âge de la retraite, travaille. Tous les jours, elle se rend chez un vieil homme paralysé et hargneux, qu'elle lave et chez qui elle fait le ménage (on comprend dès lors pourquoi elle a des problèmes d'épaule !)

    Soudain, comme un coup de tonnerre dans un ciel du plus bel azur, la nouvelle tombe : la jeune-fille retrouvée morte dans le fleuve s'est suicidée car elle était victime, depuis plus de 6 mois, de viols répétés de la part des élèves de son collège. Or, le petit-fils de Mija, Wook, se trouve mêlé à cette histoire. Mija apprend l'horrible vérité de la bouche d'un autre des parents. Il ne lui vient pas à l'idée de discuter, de mettre en question une minute la véracité des faits car elle sait bien que cela s'est réellement passé et que Wook est coupable.

    Invitée, seule femme parmi des pères, pour discuter des modalités destinées à dédommager pécuniairement la mère de la jeune-fille, une pauvre paysanne qui vit loin de la ville. Chacun doit verser une forte somme d'argent à la mère de la victime. Les autres sont des hommes d'affaire, des commerçants aisés... Mija, elle, n'a pas l'argent et ne sait pas où trouver l'énorme somme qui lui est réclamée. En femme simple, d'une honnêteté scrupuleuse et d'une morale absolue, Mija est révoltée par ce qu'elle apprend et la manière dont réagissent les autres, mais comme elle n'a pas d'autre solution, elle se range à leur décision car elle n'a rien d'autre à proposer.

    Malgré tout, comme dans une vie parallèle, elle continue à vivre comme si de rien n'était, préparant les repas de Wook, continuant ses ménages, ses cours de poésie... Elle tente une seule fois de parler à Wook et de le faire réagir mais sa tentative est un échec. Elle tente aussi de rencontrer la mère de la jeune-fille pour s'excuser ou négocier, mais elle ne va pas jusqu’au bout. On est dans le non-dit, dans une société qui, bien qu'elle semble, par sa technologie, plus avancée que la nôtre, paraît aussi moralement figée dans une dimension intermédiaire entre le Moyen-âge et un futur proche que l’on n’envie pas.
    Finalement, pour trouver la somme qu'elle s'est engagée à payer, Mija se résout à se prostituer mais, lorsque tout est terminé, elle rentre chez elle et elle dénonce son petit-fils à la police.

    Une fois que tout cela est terminé, elle rend le poème que leur avait demandé de produire leur professeur de poésie avant la fin du mois et on la voit, pour la dernière fois, contempler l'eau qui coule sous le pont d'où s'est jetée la jeune-fille. On comprend alors que, son devoir accompli, elle en a fini avec la vie.

    Mon opinion sur ce film

    J'ai toujours eu du mal avec les films asiatiques. Je ne suis allé voir celui-là que parce que plusieurs de mes amis me l'avaient recommandé et que les critiques étaient excellentes. C'est en effet, esthétiquement parlant, un très beau film, tout en esquisses. En le voyant, on a l'impression de voir un poème s'écrire devant ses yeux, mais un poème tragique, douloureux. Mija, avec sa candeur et sa faiblesse, cette sorte de fragilité et de pureté qui fait aussi sa force, est émouvante autant que la société dans laquelle elle vit est répugnante. En effet, cette société, sous ses aspects soignés et policés - on ne peut se rencontrer sans un sourire accompagné d'une courbette - est, dans son hypocrisie, abjecte, et bien pire que la nôtre, qui n'est déjà pas un modèle ! Ce qui m'a le plus choqué dans le film, ce n'est pas la scène où Mija se livre au vieil homme pour de l'argent, mais celle où la mère de la jeune-fille morte se roule au sol aux urgences de l'hôpital sans que personne ne fasse le moindre geste pour la réconforter, comme si ces gens, corsetés dans des traditions artificielles depuis des générations, étaient figés dans le temps et n'avaient pas compris que le monde dans lequel ils vivaient a changé.

    Certes, Yoo Jeong-hee, l'actrice qui incarne Mija est magnifique, les cours de poésie (après ce film, on ne regardera plus une pomme ou un arbre de la même façon...) et les images donnent-elles envie de rejoindre cette pureté d'un paradis perdu, comme dans un rêve inaccessible. Mais ici, le rêve, malgré ses aspects feutrés, tranquilles, est en fait un cauchemar comme souvent, il est vrai, le sont aussi les rêves...

    Curieusement, je n'ai pas été ému par ce film. Il ne m'a pas "parlé". On ressort de "Poetry" plus meurtri et révolté qu'apaisé et l'on se dit qu'où qu'on soit en ce bas-monde, le mal est toujours présent, hélas, qu'on veuille ou non l'inviter à sa table, et que c'est l'être humain qui en est le principal responsable.

    Le film a été sélectionné en compétition officielle pour le Festival de Cannes 2010 où il a obtenu le Prix du scénario. Personnellement, j'aurais aussi donné un prix d'interprétation à l'actrice pour son jeu tout en finesse et en retenue.

  • 2.5 -  Il y a 3 ans

    Shi, qui outre souffre de longueurs et manque de réalisme dans sa mise en scène, n'arrive jamais à trouver le juste milieux entre symbolisme et drame social. Reste la prestation remarquable des acteurs et plus particulièrement de Yoon Jong-Hee qui crève l'écran.

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