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Downton Abbey : le passage de la série au cinéma n’est pas une tasse de thé [CRITIQUE]

Les membres de la haute société britannique, les plus appréciés de l’histoire de la télévision, sont de retour ! Mais le plaisir de la série Downton Abbey s’étend difficilement au film, une suite inutile.

Panique à Downton Abbey ! Maîtres et domestiques s’affairent pour préparer la venue de la reine et du roi d’Angleterre. L’événement est historique. La famille Crawley, au complet (Lord Robert Crawley, sa femme Cora, leurs filles Lady Mary et Lady Edith), s’amuse de l’exercice. Pour Violet, la matriarche, cette visite est synonyme de retrouvailles avec sa cousine Lady Bagshaw. En froid depuis un certain temps, les deux femmes risquent de créer des tensions. De son côté, l’irlandais Tom Branson, le veuf de Lady Sybil, est approché par un homme mystérieux et résolu à mettre au défi son engagement envers l’Angleterre. Sa Majesté serait-elle en danger ? C’est sans compter les serviteurs du couple royal. En inspection au domaine, ils décident d’écarter de leurs fonctions les domestiques des Crawley. Le majordome Carson, la gouvernante Miss Hughes décident d’organiser une rébellion bien méritée…

Alors, ça boume les aristos ?

Il y a quatre ans, la série phénomène s’arrêtait après six saisons, au grand dam de la foule de spectateurs. Pour rassurer les fans, la production annonçait un film à venir… Et voilà le résultat ! Le long-métrage Downton Abbey convoque le même casting principal. Il se déroule après les événements de la série, vers la fin des années 20. Les habitués de ce drame d’époque ne peuvent pas s’y perdre ! Après tout, il est fait pour eux. Si l’on ne suit pas le show, c’est une autre paire de manches. La quinzaine de rôles, approfondis au cours des épisodes, est expédiée par un montage ultra-rapide. Il n’y aura pas de case « Présentation » et les prénoms de chacun ne pourront être retenus.

Downton Abbey : le passage de la série au cinéma n’est pas une tasse de thé CRITIQUE

En ouverture, le réalisateur Michael Engler offre une carte postale anglaise avec de nombreux plans d’ensemble sur les terres verdoyantes et escarpées du pays, traversées par un train à vapeur. Puis apparaît, le majestueux domaine, phare et refuge de la série. Belle mise en valeur d’un point de vue aérien pour l’imposant édifice qu’est le château de Highclere ! Peu de sorties pour les comédiens, l’action s’y déroule en majeure partie. On ne s’en lasse pas car Downton Abbey, film et série, met un point d’honneur à recréer des costumes et décors d’antan avec une précision d’orfèvre. Deux heures privilégiées dans l’intimité de l’aristocratie britannique !

Une bouillabaisse de péripéties superficielles

Au milieu de cette élégance, il fallait un peu d’irrévérence. L'inénarrable comtesse douairière Violet, superbe Maggie Smith, débite les meilleures répliques. Elle a le dernier mot, celui qui fait toujours rire. Le valet Mosesley (Kevin Doyle), véritable bègue devant une assemblée de têtes couronnées, sait aussi tirer son épingle du lot. Avec eux, c’est plus digeste. Pour le reste de l’assistance, le niveau ne décolle pas vraiment. En somme, c’est du Dallas, délocalisé dans le comté de Yorkshire. Tous les prétextes sont valables pour instaurer de nouvelles sous-intrigues.

Downton Abbey : le passage de la série au cinéma n’est pas une tasse de thé CRITIQUE

On s’y glisse avec naïveté, on en ressort avec frustration. Le charmant majordome Barrow débute une fugace relation gay, étouffée dans l’œuf par le départ de la Reine (un ou deux jours de visite, seulement). La fille du couple dirigeant est malheureuse avec son mari, patriarcal et chiant à en mourir. À deux doigts de le quitter, elle surprend l’auditoire en annonçant rester avec ce blaireau. La femme de chambre Lucy croise, à trois reprises, un homme dans le couloir et s’en éprend. Au quatrième passage, elle lui avoue ses sentiments et ils s’embrassent. Du soap dans toute sa basse grandeur et trois exemples de pistes scénaristiques bâclées !

La concentration totale est axée sur les préparatifs de l’arrivée des monarques. La guerre entre les serviteurs royaux et ceux du domaine est bon enfant mais peine à être comique. Le cadeau de Downton Abbey, c’est surtout ce face-à-face impitoyable entre Minerva McGonagall (Maggie Smith) et Dolorès Ombrage (Imelda Staunton), qui ravivera des souvenirs aux fans d’Harry Potter. Lorsque, vers la fin, un personnage clame « C’est surtout bien quand c’est fini », il ne se doute tristement pas de la véracité de ses propos.

Downton Abbey : le passage de la série au cinéma n’est pas une tasse de thé CRITIQUE
Publié le 20 septembre 2019
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