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  • Odyssée dans la vie d’un mythomane, transparent au quotidien mais caméléon pathologique à ses heures. Visiblement fâché avec sa propre identité, il n’existe vraiment que grimé sous les apparences d’autres individus. Copieur, travesti, acteur, le personnage joué par Mathieu Kassovitz fascine et inquiète.

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    Est-on vraiment normal lorsque l’on n’accepte pas qui l’on est ? Sébastien Nicolas est monsieur tout le monde. Agent immobilier, célibataire lambda, il cache un secret troublant. A l’occasion de visites d’appartements, il repère les acheteurs et joue à voler leur identité. Jeu dangereux, qui va bouleverser sa non-existence. Le réalisateur Matthieu Delaporte sait y faire pour insinuer un profond malaise dans l’esprit du spectateur.

    De manière quasi chirurgicale, il montre comment Sébastien Nicolas procède. Détection, inspiration, copie physique et vocale. Ce qui frappe, c’est la rigueur du processus. Pas de fantaisie ou de « patte » personnelle. Sébastien Nicolas recherche la copie parfaite en tous points, sans défaut ni fêlure ni signe distinctif. Nous ne sommes pas dans un film d’espionnage et il n’est pas un espion russe. Juste un individu sans relief dont la copie humaine est le hobby. Et c’est là que ça devient intéressant. Est-ce bien un hobby ? Ou une irrépressible pulsion ?

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    À la manière d’un serial killer prisonnier de son instinct de tueur, calquer l’apparence et la voix d'autrui est sa drogue. Sous un camouflage, il ressent du plaisir, de la satisfaction, il vit pour de vrai ce que les originaux devraient eux-même vivre. Des vies par procuration devenues de vraies opiacées pour ce schizophrène optimisé. Et le regard de Mathieu Kassovitz se change du tout au tout selon qu'il ne ressemble qu'à lui-même ou à un autre. Ce jeu somme toute gratuit et sans conséquence prend des proportions inattendues.

    D’abord reconnu dans la peau d’un premier personnage, il influe ensuite sur l’existence d’un second. Réparant ses erreurs, lui ajoutant une touche d’empathie dont l’original est dépourvue. Violoniste réputé mais touché dans sa chair, il attend la mort comme une sentence inéluctable. Sébastien Nicolas lui donne vie et relief. Mais ce faisant, il devient un criminel. Jouer la vie d’un autre est une usurpation d’identité, tout comme des gangsters retirant de l’argent sur le compte d’un autre.

    Sous des atours de radiographie complexe mais limpide, le film pose des questions passionnantes. Quelqu’un d’autre pourrait-il jouer notre rôle, mieux et de manière plus satisfaisante ? Notre identité nous appartient-elle ? Quelqu’un nous épie-t-il, attendant de prendre notre place ? Le film n’est pas que le drame d’un individu prisonnier de ses pulsions, il va bien au-delà et c’est tant mieux. Porté par un Kassovitz bluffant dans ce rôle ingrat mais qu’il pousse très loin. Un rôle qui fera date pour un film à découvrir.

    Critique proposée par notre contributeur Stanislas Claude de 24filmsparseconde.fr

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    1 commentaire
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    1. Il y a 3 ans

      Un remake de "À l'origine" ?

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