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Apollo 11, en immersion aux côtés des astronautes [CRITIQUE]

La célébration des 50 ans du premier pas de l’Homme sur la Lune montre l’engouement pour la mission mythique de la NASA. Le documentaire Apollo 11 est un vibrant hommage basé sur des archives audiovisuelles majoritairement inédites et restaurées en HD. Une exploration spatiale immersive à admirer du 4 au 8 septembre dans les cinémas Pathé.

Étape par étape, le spectateur accompagne ce « petit pas » pour l’homme. L’expérience immersive d’Apollo 11 se vit grâce à un travail de montage exceptionnel qui a nécessité de trier 11.000 enregistrements audio et un stock tout fraîchement découvert d’archives vidéo en 70 MM, puis de les restaurer en haute définition. Pas de narration, tout est raconté par ce voyage à travers les archives. Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin sont maintenant connus comme le loup blanc. On connaît l’histoire mais le plaisir de découvrir ces images inédites, d’une inlassable beauté, subsiste même un demi-siècle plus tard.

Derrière ces sept jours à haute tension se sont des milliers de personnes qui ont œuvré pour son bon déroulement. Plus dans l’action que dans la contemplation, c’est une aventure humaine qui nous est présentée, l’accomplissement d’un microcosme pour l’avancée scientifique d’un macrocosme. Les techniciens de la fusée, les confectionneurs des tenues, les ingénieurs des centres de contrôle ont maintenant des visages et des voix. Jusqu’alors secrète, la piste audio du directeur de vol, par exemple, fait partie des cadeaux du documentaire de Todd Douglas Miller, tout comme la séquence de récupération des astronautes par le navire U.S.S Hornet.

Apollo 11, en immersion aux côtés des astronautes Armstrong, Collins et Aldrin CRITIQUE

Pas à pas, de la Terre à la Lune

Tout commence par la démesurée chenille du transporteur de la NASA, socle de l’impressionnante fusée Saturn V, au plus près de la main-d’œuvre. En piste ! Apollo 11 n’a pas l’objectif de couvrir les années de préparation de la mission mythique mais uniquement de nous plonger au cœur de la veille du décollage jusqu’au retour de nos astronautes sur Terre. La tension, aidée par une bande-son restaurée et des ajouts de sonorités électro judicieusement amenées, est palpable. Pour la première fois, le vestiaire des astronautes ouvre ses portes, des instants précieux d’accalmie où le trio revêt la combinaison spatiale.

La présentation des hommes est intelligemment amenée avec seulement un rapide montage de photos, de l’enfance à 1969, pour chacun d’eux. Dans la grande salle de contrôle de la NASA, une caméra filme la concentration extrême du jour J. Par un travelling latéral apparaissent, derrière leurs ordinateurs, les lignées d’ingénieurs en costume-cravate et cigare aux lèvres pour se détendre. Au milieu de ces images colorisées, il y a un plan fixe sur JoAnn H.Morgan, la seule femme.

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« Houston, ici la base de la Tranquillité. L’Aigle a aluni »

Dehors, c’est la folie. Un super plan en contre-plongée montre les alentours de la plateforme de lancement de Cap Canaveral (Floride). Un hélicoptère survole la côte où des milliers de fourmis s’entassent pour observer l’envol. L’Histoire nous apprendra qu’ils étaient finalement un million d’américains sur place, ce jour-là. La mise en situation du documentaire est telle que le décollage donne des frissons. En bas de l’écran, l’écoulement du temps en direct participe grandement à l’immersion. « CAPCOM ? Ok. MC ? Ok ». Une par une, les unités donnent leur accord et le moteur démarre dans un violent bruit assourdissant. La flamme envahit l’écran. L’épopée débute.

Les astronautes ont embarqué une caméra avec eux et se relaient pour filmer ce qu’ils voient. Entre la Terre et la Lune, il y a ces trois hommes. Ces plans subjectifs, de leur lieu de vie éphémère ou de la vue depuis les hublots du vaisseau, sont une somptueuse surprise. Comme lorsque les garçons, plein d’humour et d’entrain, écoutent Mother Country de John Stewart et s’amusent à faire voler le poste de musique en apesanteur.

Apollo 11, en immersion aux côtés des astronautes Armstrong, Collins et Aldrin CRITIQUE

Les dialogues détendus entre Houston et Apollo sont ponctués de solennels « Bonne chance » à chaque « révolution », manœuvre difficile. Car ces journées inoubliables de 1969 n’ont jamais été sans danger, en témoigne l’inquiétude générale lorsque « l’alarme 1202 » retentit au moment où la capsule Eagle est en approche de l’astre ou lors d’une coupure de signal. Finalement, le premier pas de l’Homme sur la Lune n’a peut-être jamais été aussi palpitant. Apollo 11 n’a aucun mal à nous mettre des étoiles plein les yeux. « D’ici, c’est vraiment beau ».

Publié le 30 août 2019
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